Dehors, il pleuvait un déluge sans nom. Le
bruit de la pluie était si fort qu’il masquait tous les autres. Le ciel était
noir de nuages en colère, zébrant de terribles éclairs éblouissants.
Le tonnerre était d’une puissance
inimaginable et le fort vent faisait s’échouer violemment la pluie contre les
carreaux des fenêtres, au point même de craindre que les éléments soient plus
forts que la maison.
Lydia était terrorisée. Elle compta
les secondes entre un éclair et le tonnerre, pour connaître la distance de
l’orage. Moins d’une seconde, il était juste au dessus de leurs têtes. Lydia
avait peur. Et Carole un peu aussi.
En réalité, ce qui inquiétait
Carole, c’est qu’André était parti voilà plus d’une demi-heure, pour aller
chercher du bois dans la remise en face de la maison. Cela faisait bien trop
longtemps qu’il était parti. Et de toute façon, le bois serait certainement
mouillé.
En prenant Lydia dans ses bras,
Carole s’approcha de la double porte et regarda à travers. Elle se dit que ces
étranges portes américaines étaient finalement bien pratiques, une première
porte classique et une seconde, s’ouvrant vers l’extérieur et qui permettait de
voir à travers. Nous n’avons pas cela en Europe, se fit-elle la réflexion. Deux
portes, voilà bien la preuve du manque de confiance des américains et de leurs
peurs à propos de la sécurité.
Dehors, elle ne voyait pas
grand-chose, à cause de la tempête, sa vue se limitait à l’allée d’entrée, la
petite cour et faiblement au loin, elle pouvait distinguer légèrement la
remise. La porte était ouverte. Elle ne savait pas quoi faire. Et si André
avait encore fait une attaque ? Cela pouvait être possible, le cœur du
beau père de Carole était fragile.
Carole se demandait si elle devait
sortir par ce temps infernal. Peut être allait-il revenir dans moins d’une
minute, haletant, trempé des pieds à la tête, avec du bois recouvert d’une
bâche, pour pouvoir faire démarrer cette satanée cheminée. Une demi-heure, cela
faisait quand même trop.
Carole se retourna, réconforta un
peu Lydia tremblante dans ses bras et fit quelques pas pour décrocher son
manteau du porte-manteau. Lorsqu’elle se retourna vers la porte, elle eut une
frayeur immense.
Quelqu’un était devant la porte. Une
gigantesque ombre. De stupeur, Carole ne sentit plus ses jambes et tomba à
terre, toujours avec Lydia dans ses bras qui n’avait pas crié mais qui était
aussi effrayée qu’elle.
L’ombre devant la porte était celle
d’un homme, très grand, avec un ciré gris-brun, un bâton dans la main droite,
une sorte de sac dans la main gauche. Il se trouvait dans le mauvais côté de
l’éclairage et Carole ne pouvait rien distinguer d’autre qu’une ombre, aucun
trait, aucun détail, juste une silhouette.
Carole rassembla sa raison pour
prononcer quelques mots. Elle ne demanda pas qui c’était, cela elle s’en
foutait totalement. Ce qu’elle voulait savoir, c’était ce qu’il voulait. Mais
l’homme ne répondit pas.
Il avança et à cet instant un éclair
tomba extrêmement près, dans la cour, éclairant en une fraction de seconde, les
pires peurs de Carole. L’homme avait un sourire malsain, des taches sombres sur
ses chaussures. Mais ce qui rendit Carole presque folle, ce fut de voir ce
qu’il avait dans ses mains. Dans la droite, le bâton était en fait une longue
hache, dans la gauche, ce qu’elle avait pris pour un sac était en fait le
visage blafard d’André, la tête décapitée et dégoulinante de sang, que l’homme
tenait par les cheveux.
Carole et Lydia se mirent à crier
d’une seule et puissante voix. Lydia se réfugia derrière sa mère. Carole essaya
de se relever, mais elle était tétanisée. Le temps qu’elle se redresse sur ses
genoux, l’homme avait ouvert la double porte et était entré. Il laissa tomber
la tête par terre et prit la hache à deux mains. Il la leva très haut, au
dessus du visage de Carole et l’abattit avec force.
Dans un geste de survie désespéré,
ne pensant qu’à sauver sa vie, Carole attrapa Lydia et la ramena devant elle.
La hache fit un bruit sourd, un ‘TCHAC’ d’épouvante.
Lydia avait reçu la hache dans le
crâne. Elle était rentrée profondément et des morceaux de cervelets se
mélangeaient à une si abondante profusion de sang noir, dégoulinant des cheveux
blonds de la petite fille, qu’ils en devinrent rouges en quelques instants.
Carole cria sans réellement admettre
ce qui était arrivé, elle cria d’un cri étouffé, muet, où toute la force de sa
peur s’était transformée en un ébahissement de terreur. Elle cria en regarda la
tête de sa fille dodelinante, elle cria quand l’homme retira avec ses deux
mains la haches de la tête de son innocente fille. Elle cria, impossible de
comprendre ce que ses yeux voyaient. Elle cria quand le corps de sa chaire
s’écroula sur le sol, à ses pieds. Elle vit le visage de Lydia, balafré d’une
ouverture géante, plongeant de la tempe droit jusqu’au nez, l’œil de sa fille
pendant, entouré d’un sang totalement visqueux, poisseux, collant, un sang de
mort.
Carole réalisa alors l’intense
horreur de la scène et se sentit défaillir. Elle s’écroula à son tour au sol. Juste
avant de perdre connaissance, elle vit la hache s’abattre sur son visage…
L’auteur assume parfaitement le
côté cliché de cette scène et remercie chaleureusement Stephen King pour lui
avoir donné des frissons de ce genre.
Je mets en ligne mes écrits, sans prétention et sans ménagement. En espérant, pas forcément vous plaire, mais au moins vous sortir pour quelques temps de l'ordinaire.
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