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Escapades Nocturnes

Le désert sans toi

 




Je marche seul, épuisé, avec mon compagnon d' infortune.

 

On le nomme Espoir, et sans lui j' aurais déjà abandonné.

 

Je me serai arrêté, allongé par terre, à attendre…

 

Attendre que la chaleur du jour me déshydrate ou que la froideur quasi glaciale de la nuit m' hypothermise.

 

Mais il est là, il me soutient.

 

Et pourtant, il est souvent dur de marcher et d' attendre que des choses apparaissent dans cet océan de sable, de chaleur et de solitude.

 

Le relief plat, l' ombre inexistante…

 

Pas moyen de faire une pause, pas moyen de trouver une sortie.

 

Juste continuer, à marcher, dans ce désert.

 

Souvent des mirages apparaissent.

 

On croit voir la fin du calvaire.

 

On espère cesser d' attendre… d' étreindre… ou de s' éteindre.

 

On se précipite, mais en réalité il n' y a rien.

 

Un mirage est un sentiment qui de prime abord donne Espoir.


Mais c' est en réalité désillusion, et cela nous donne envie de tout abandonner.

 

Mais non, mon compagnon me redonne du courage.

 

Il me répète « Tant qu' il y a de la vie, il y a de l' Espoir ».

 

Voilà ce qu' il me sort depuis que je suis dans ce désert de sentiments.

 

J' ai surtout soif de toi, mais tu ne m' apparais qu' en mirage et disparaît aussitôt.

 

Ma colère et ma frustration sont profondes.

 

Tout me pousse à abandonner, tout me pousse à laisser tomber.

 

Mais je ne peux pas.


Je suis venu te chercher et il me faut attendre et traverser ce désert.

 

Parfois, j' en viens à maudire mon compagnon.

 

Sans lui, le calvaire serait fini.

 

Et le sable remplirait mon corps, mon âme et mon coeur, ensevelis pour ne plus jamais réapparaître.

 

Mais l' Espoir est toujours là, même si on a envie de baisser les bras.

 

Au début, j' ai pensé que ma traversée serait courte.

 

J' avais sans doute trop confiance en moi.

 

Cette épreuve est surtout mentale maintenant.

 

Le physique a pris le triste rythme de l' errance et de la perte de soi.

 

L' esprit par contre continue à croire en une sortie proche.

 

Bientôt, la prochaine dune, le prochain kilomètre, le prochain jour, le prochain mois.

 

J' en viens même parfois à oublier la raison qui m' a amené ici.

 

La folie s' empare parfois de moi... et de plus en plus régulièrement.

 

C' est passager, je le sais, mais je m' inquiète.

 

Je pourrais peut être devenir totalement fou à attendre, à errer comme cela, dans ce désert.

 

Peut être serait elle cela, ma fin.

 

La folie et le désespoir me tueront.

 

Quoi qu' il en soit, l' Espoir continue son même refrain : « L' Espoir nous fait vivre, et la vie nous fait espérer…  ».

 



 


Ajouté le 18:10 à 7/9/2008
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Egarements

 


Je ne devrais

Vraiment pas

Passer ici.

Si on me voit,

Voie unique

Que je vais emprunter :

Terrain sensible,

Sans cible pourtant …

Tenté de me filer,

Les malheureux condamnés

Damnés à errer encore,

Corps et esprit,

Pris dans ce dédale.

Dalle qui scellera leur tombeau.

Beaucoup jugent le risque,

Risque mal calculé.

Les choses après tout …

Tout le monde pourrait

Réessayer de le tenter.

Télévisions ordinateurs radios coupées,

Paix du coeur et de l' esprit.

Pris au piège de ces ondes :

On devrait s' en inquiéter !

Terrifiés de ce contrôle,

Rôle que l' on ne peut quitter,

Tétanisé et sans liberté !

Et faire alors comme moi.

Moi qui voulait être seul.

Seulement on ne décide pas,

Pas pour les autres.

Autrement la vie serait

Rayonnante et tellement plus facile.

Facilement on les enverrait au loin,

Aux lointaines montagnes si belles,

Bel endroit pour changer de vie…

Vite, vite, le temps presse !

Est-ce que notre temps est compté ?

Terminus du train et fin du spectacle.

 

A que le poète fut étrange ce soir !

Soit rassuré lecteur ou lectrice,

Tristesse habite souvent ce poète.

Êtes - vous encore surpris de cela ?

De se lamenter ce poète n' arrêtera pas.

Partons donc chercher la joie ailleurs.

Heure des réjouissances

En ce beau monde,

Monde qui vit,

Vivra.




Ajouté le 18:09 à 2/9/2008
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Un homme sous la pluie

 




Juste six mots et cela suffit.

Juste un homme sous la pluie.

 

C’est banal et plutôt imprécis, oui.

C’est un homme sous la pluie.

 

Il n’a plus rien avec lui.

Et il pleure sous la pluie.

 

Sa belle maison est totalement anéantie.

Et sa famille, dedans, l’est aussi.

 

Bombes, sur la ville de Gori.

Bombes russes, sur toute la Géorgie.

 

Frères européens, regardez cette incompréhensible boucherie.

Regardez le visage des innocents meurtris.

 

Maintenant la vie a un prix.

Et une seule bombe y suffit.

 

Avec les Hommes, la guerre est garantie.

Les civils en subissent la barbarie.

 

A cet homme, la malchance a sourit.

Une bombe a détruite toute sa vie.

 

Le sang…La mort…C’est fini…

L’homme pleure, anéanti sous la pluie.

 

Espérons que les Hommes auront compris.

Que la paix entraîne moins d’ignominie.

 

Plaignons cet homme sous la pluie.

Espérons ne jamais vivre ce qu’il vit.





Gori, le 9 août 2008.

Les Géorgiens pleurent leurs morts après les bombardements des forces armées russes.

Ajouté le 00:28 à 26/8/2008
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Quo vadis ? V

 


 

 

Je me réveille en sueur. Je crois même avoir crié. Mes yeux scrutent l' obscurité ambiante. Peu à peu le cauchemar s' estompe, je ne sais même plus ce qui m' a mis dans un tel état. Ma mémoire bloque. Malheureusement cela arrive souvent avec les rêves.

 

Je tremble encore et mon lit est tout moite de sueur. Je me demande bien ce qui a pu me mettre dans un tel état. Mais j' ai le cerveau quelque peu embrouillé. Je cherche à tâtons sur le coté gauche du lit l' interrupteur, le trouve et appuie.

 

En une fraction de seconde, la lumière jaune vif apparaît et m' oblige à fermer les yeux.

Après m' être habitué à la lumière, je regarde mon réveil. Il est onze heures quarante - deux, la température de mon appartement est à 22 °C et dehors le temps est ensoleillé avec 25 °C.

 

Le corps encore engourdie, je m' extraie des draps trempés et j' amorce la première action de chaque être humain le matin, j' enfile donc mes chaussons et file aux toilettes. Dans la salle de bain, je regarde ma tête dans le miroir. Je ne suis pas beau à voir, on dirait que je me suis battu toute la nuit au lieu de dormir. Ce qui est sur c' est que je ne suis absolument pas reposé. Je suis même un peu nerveux de ne pas me souvenir de mon cauchemar.

 

L' eau bout dans la théière, l' ordinateur ronronne en se démarrant, et en attendant le juste début des choses, j' allume la télé et zappe nonchalamment entre mes dizaines de chaînes. Je reste sur LCI qui débite les actualités du jour. Rien ne change, le nombre de morts sans cesse grandissant en Irak, le conflit Israélo - palestiniens toujours aussi engagé, la guerre entre Russes et Géorgiens, la guerre dans les Balkans qui continue à faire des séquelles, la répression des Chinois envers les Tibétains, les conflits entre des dictateurs en l' Afrique... Les conflits, les guerres, toujours le même programme aux actualités.

 

Je déguste mon café du matin, (trois cuillères de café soluble, cinq sucres, tasse moyenne) tout en me disant que le monde est un incroyable bordel, un dîner complètement raté, où on aimerait être seulement un invité et pouvoir se défiler vite avant le dessert; malheureusement, nous sommes les hôtes et c' est à nous de régler les choses et non de se défiler. Quoique.

 

            Donc la télé criarde montre des morts, des morts et encore des morts. Des coalitions, des traités de paix, des attentats terroristes, des représailles, bref, des conflits qui ne se termineront jamais. Rien de nouveau ni d' effrayant pour le petit français basique que je suis.Nous, on gueule déjà contre la baisse du pouvoir d' achat, et contre ce président qui ne nous apporte rien sinon des ennuis, alors vous comprenez, les conflits, les guerres, cela nous passe bien au dessus…

 

            Oui ce monde va à la dérive et pourtant nous fermons les yeux. Après tout, pour vivre heureux, vivons égoïstes. Et puis ce n' est pas mon pays qui va se faire attaquer, puisqu' il est dans le top trois des pays qui vendent le plus d' armes dans le monde. Oui. L' individualisme, voilà le mal de notre siècle, ce qui nous empêche de contester les choses, le pouvoir établi, les inégalités et l' injustice, les dictatures et tout ce qui ne va pas dans ce triste monde...


Je m' interroge, serai - je un bon politicien ? Je ne pense pas. Il me faudrait alors mentir et trahir mes idéaux, voilà bien une chose dont je serai incapable. Enfin je le crois.

 

Bref, après ce café anarchiste, j' émerge doucement de mon empathie pro délirante, et je me demande maintenant que faire de ma journée déjà bien commencée.

 

J' ai encore pas mal de temps à passer sur mon manuscrit pour pouvoir présenter une oeuvre cohérente aux maisons d' éditions. Mais j' ai aussi toute la vie devant moi, me laissais - je convaincre par moi - même. C' est décidé, aujourd' hui sera jour de relâche. Et puis une chose continue à me déranger. C' est en rapport avec mon cauchemar de cette nuit. Je n' arrive pas à rester totalement concentré. Quelque chose dans ma tête essaye de me montrer ce qui cloche. Et je n' arrive pas à trouver ce que c' est.

 

Même si mon café, sucré à tel point que c' est le café qui a choppé un cancer, m' a réveillé à l' intérieur du corps,  je continue à garder la tête embrumée.

 

Je mets de la musique et pars sous la douche, en quête d' un réveil total. Mais même après une agréable douche, mon esprit reste toujours en une sorte de panne moteur. Je me sens profondément las et fatigué. Le café a réveillé ma faim, enfin, il est environ quatorze heures maintenant. Je cuisine quelque chose de rapide, donc sans réellement cuisiner.

 

Il est presque quinze heures et je suis opérationnel : habillé et prêt à affronter le monde ! Sauf que je suis partagé entre le fait de sortir et de rester pour me reposer. Mon crâne reste assez douloureux. J' ai beau avoir pris des aspirines, rien ne semble changer cet état.

 

Je décide, vu l' heure déjà avancée de la journée, de rester at home et de lire un peu en cherchant le sommeil réparateur d' une bonne sieste. Je choisis dans ma bibliothèque un livre assez obscur qui me fera dormir vite, mon choix se porte sur Freud et l' interprétation des rêves, un livre assez à - propos. Je m' allonge sur mon lit, la musique est maintenant basse, douce et sans paroles. Je me sens déjà profondément engourdi.

 

C' est alors qu' un flash de mon cauchemar me vient. Une bribe, rescapée dans mon inconscience, qui se révèle à moi et m' effraie alors.

 

Pour une raison qui m' est totalement inconnue, quelque chose me fait comprendre que je ne dois pas m' endormir. Que je ne dois pas dormir, absolument pas. Ou alors je rejoindrais encore ce terrible cauchemar, et je sens que je n' arriverais pas à en ressortir.

 

Je ressens cela comme une sorte d' intuition, d' avertissement. Une sorte de grand panneau attention danger dans mon esprit me met en garde.

 

Je suis partagé, étrangement, entre penser que tout cela est d' une stupidité sans nom et que je m' effraie moi - même pour rien, mais que d' un autre côté, quelque chose cloche et qu’ il est fort possible que je ne doive pas m' endormir.

 

Voilà une étrange situation qui ne m' était jamais arrivé de voir, sauf peut être dans un mauvais scénario de série B, c' est dire. Pourtant l' inverse m' est déjà arrivé : être dans un cauchemar et vouloir en sortir. Me voilà maintenant dans la réalité et redoutant de retourner dans un cauchemar. C' est grotesque.

 

De même, il m' est déjà arrivé de souhaiter retourner dans un rêve particulièrement agréable, vous savez, ce genre de rêve où on vole au dessus des autres, où on est riche à millions, où il n' existe plus aucun problème, où tout va bien pour le meilleur des mondes… Je ne vous parle même pas des délicieux rêves érotiques qu' on aimerait revivre plus souvent. Bref si c' est possible qu' il y ait des rêves où l' ont veux retourner, il est sans doute possible qu' il y ait des cauchemars dans lesquels on redoute de retomber.

 

Mais là, je ressens surtout une sensation étrange, dissuasive, plutôt indéfinissable, qui me dit de tout faire pour rester éveillé.

 

Malheureusement, avec toutes ces pensées et ce mal de crâne qui les accompagne, tout mon être se sent terriblement fatigué. Je commence même à bailler. Je suis dans un de ces fameux coups de barre où le mieux à faire est d' attendre que cela se passe.

 

Mais justement, plus le temps passe et plus j' ai peur de m' endormir, car cela signifierait retourner dans ce cauchemar qui m' effraie au point de me hanter en dehors de mon sommeil. Je veux m' accrocher à cette réalité, qui n' est pourtant pas si idyllique, mais qui est la mienne après tout. Je ne pas me reperdre dans les méandres obscurs de l' autre dimension qu' est mon inconscience.

 

Le temps semble s' accélérer et ma tête devient de plomb. Mon envie de lutter s' affaiblit face à la fatigue qui a gagné tout mon corps et à ce crâne qui résonne encore plus vite que les battements de mon coeur.

 

Je me lève dans un lent et difficile mouvement et entreprend de faire du café pour me réveiller un peu, pour ne pas abandonner maintenant. J' ai besoin de caféine, d' adrénaline ou n' importe quelle substance qui puisse me tenir un peu plus éveillé.

 

Je commence à me sentir fiévreux et paniqué à l' idée de fermer mes yeux. Pourtant mes paupières ne cessent de s' attarder sur ces derniers. J' essaye par tous les moyens de me sortir de ma gélatineuse torpeur. J' envisage de boire un petit verre d' alcool, un fond de vodka traînant dans mon frigo. Cela me brûle bien la gorge mais ne me sort que quelques instants de mon anormal état. Je laisse tomber l' idée de l' alcool en me justifiant qu' un second état anormal ne serait certainement pas pour m' aider.

 

J' entreprends alors de mettre de la musique stressante, le genre rythmé dans la limite du supportable. Je trouve en quelques clics sur internet les dernières niaiseries à la mode et met le volume au plus fort. Je ne m' en sens que plus las encore. Cela va plutôt énerver les voisins que me permettre de retrouver la forme. Je laisse aussi tomber la musique.

 

En dernier recours, je commence à me pincer un peu partout sur le corps, la douleur permettant je crois de sécréter une sorte de stimuli corporel. Au bout du onzième pincement, je ne ressens plus rien du tout.

 

J' ai perdu la notion du temps, je ne sais plus si il est dix - sept heures, vingt heures ou même minuit. J' ai aussi perdu toute sensation, que ce soit le toucher, l' ouï mais aussi la faim, la soif. Rien excepté l' irrémédiable envie de dormir.

 

Ma tête est si lourde, mes paupières encore plus, le café ne fait aucun effet, j' ai beau chercher à lutter, je n' en ai plus la force. Quelque chose me rappelle à elle dans le sommeil. Et cela m' horrifie au plus haut point. Je suis à peine conscient de tout ce qui m' entoure. Je me sens m' allonger sur mon lit, par un incroyable miracle, ou plutôt par une incroyable attraction. Je commence, malgré moi, à basculer dans le pays des songes.

 

Je vois apparaître devant moi une porte, énorme, entrebâillée, qui semble détenir le secret de mon destin derrière elle. Rien ne peut expliquer pourquoi je ne vois que cette porte ni que désormais mon seul but est de la franchir. Mais je ne cherche plus à comprendre quoique ce soit, et je pousse la porte…

 



 

Ajouté le 18:41 à 23/8/2008
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Je commence demain

 




« Il est temps de travailler.

Il est grand temps de grandir.

Plus le temps de t’amuser.

Les jeux doivent être derrière toi.

Il te faut assumer maintenant.

Chercher un emploi.

Trouver un emploi.

Gagner ta vie.

Deviens adulte !

On ne peut pas vivre sans travailler.

Toi, tu ne fais que rêver.

Mais il n’ y a jamais rien de concret.

Quand vas - tu t’ y mettre ?

Les rêves ne nourrissent pas.

Il te faut manger pour vivre.

Et non vivre pour manger.

Il est temps de cesser de rêver.

Il est temps de se réveiller.

Il est temps de travailler. »

 

 

« Cher paternel,

Tu te trompes.

Mes rêves me nourrissent.

Et j’ ose croire qu’ écrire plait aussi

A d’ autres qu’ à moi - même.

Faire partager mes rêves,

Mes cauchemars,

Mes réalités,

Mes désillusions,

Mon monde,

Mon univers,

N’est - ce pas un projet fantastique ? »

 


« Tu es grand,

Tu es adulte,

Tu es conscient du monde

Qui t’ entoure,

Tu sais qu’ il te faut travailler

Pour vivre.

Comment peux tu croire

Qu’ écrire te fera vivre ?

Personne ne vit d’ écriture.

A part quelques rares privilégiés,

Non dénués d’ un grand talent.

Mais penses - tu vraiment

Avoir ce talent ?

Cela aussi demande du travail, sais - tu ? »

 

 

« Oh cher paternel,

Je veux croire en l’ écriture.

Enfin un domaine

Où je me sens bien,

A ma place.

Où l’ on juge mon travail,

Comme tu dis,

A sa juste valeur.

Tout du moins, je le crois. »

 

 

« Fils, tu as certes gagné

Quelques concours littéraires.

Mais ne va pas croire pour autant

Que, après cela,

L’ argent va tomber du ciel.

Les mécènes s’ intéressent à l’ art.

Mais n’ en restent pas moins

Des hommes chargés d’ intérêts.

Qui voudrait te donner de l’ argent

Sans savoir à l’ avance

Ce que tu donneras en retour ?

Tu es bien un rêveur, mon garçon,

Mais il te faut grandir.

Ouvre les yeux.

Il te faudra, comme tout le monde,

Te lever le matin pour aller travailler.

Te lever tôt pour mériter

Ton salaire à la fin du mois.

La vie est ainsi faite. »

 

 

« Oh mon trop réaliste père,

Laisse moi donc profiter

De la vie qui est la mienne.

Laisse moi encore

Rêver encore un peu,

Je sens tellement de choses

A devoir écrire.

Tant de romans,

Tant de nouvelles,

De poésies,

De pièces de théâtre…

Je me sens inépuisable.

Je veux écrire,

Pas parce que c’ est ma passion

Mais parce que c’ est ma raison. »

 

 

« Doux rêveur,

Ce n’ est pas cela la vie.

Et je pense que nous serons

Toujours en conflit sur ce sujet.

Va, fils,

Mais sois conscient

Qu’ il te faut travailler

Pour vivre et pour pouvoir écrire.

Il te faut assurer

Un minimum tes arrières.

Ce n’ est pas le père qui te parle

Mais l’ homme d’ expérience.

Je te parle de ce que je sais,

De ce que j’ ai vécu.

Alors quand commences - tu ? »

 

 

« Je commence demain. »





Tomorrow already knows the rise and fall of the rose.


Alzheimer, Matmatah.

Ajouté le 16:38 à 27/7/2008
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A propos du blogueur

Je mets en ligne mes écrits, sans prétention et sans ménagement. En espérant, pas forcément vous plaire, mais au moins vous sortir pour quelques temps de l'ordinaire.

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