Blog
Escapades Nocturnes

Quo Vadis ? XII

 



On a du mal à encaisser encore, le choc, la perte du sujet numéro 3.

On a aussi, pour certains, du mal à croire en la disparition du sujet numéro 3.

On a entendu des rumeurs sur la Faction.

On ne commence pas encore à avoir peur.

Mais on est préoccupé.

On envisage le fait que ce soit la Faction qui ait détruit notre sujet préféré.

On voit une vraie psychose s’installer au sein de l’Agence, au sujet de la Faction.

On entend de plus en plus de rumeurs, plus folles les unes que les autres.

On entend même dire que l’on est infiltré.

On se sent surveillés, très étroitement.

On n’a rien à se reprocher, par contre, on surveille aussi les autres.

On a tout de même perdu un cobaye d’importance.

On ne peut pas tolérer que cela se reproduise.

On a changé la sécurité de toutes les expériences.

On  recontrôle à nouveau tout.

On espère que la Faction n’en a pas profité.

On se suspecte tous maintenant.

On n’a plus confiance.

On sait que quelqu’un sabote les épreuves.

On sait qu’il y a un ou plusieurs intrus dans le complexe.

On est modérément inquiet à ce sujet.

On se rassure en se disant que rien ne peut vraiment nous porter préjudice.

On sait que l’on est protégé, quoiqu’il arrive.

Mais on se demande si on a tout envisagé.

On redouble d’effort et de surveillance.

On a découvert une anomalie au niveau d’une expérience de groupe, dans les sous sols.

On va envoyer une équipe plus compétente cette fois.

Il se pourrait que ce soit la Faction encore cette fois.

Enfin On n’imagine qu’eux pour ce genre d’anomalies.

Qui cela pourrait-il être d’autre ?


quo vadis XII escapades nocturnes

Tags : Quo Vadis episode XII escapade

Ajouté le 15:10 à 24/2/2009
Commentaires (4) - Poster un commentaire | Envoyer à un ami

Quo vadis ? XI

 


 

Oppression

 

Une mélodie me vient alors en tête. Elle m’ accompagne partout, où que j’ aille, mais elle n’ est pas particulièrement agréable. Elle est oppressante, dans le premier sens du terme. Elle semble asservir, elle pèse sur mon âme. Je sens cette musique taper sur mon cœur et sur mon courage. Je la sens frapper mon moral, je sens le rythme battre en adéquation avec mon cœur. Difficile de décrire une musique. Elle est pesante, vraiment sombre, avec un rythme lourd, comme une marche, en plus rapide mais plus perçante. Elle tape et tape encore. Tout le complexe semble baigner dans cette lugubre sonorité. Je ressens son rythme ternaire, c’ est un-deux et insistance sur le troisième temps. Le rythme est rapide, je dirais deux croches puis une noire. Parfois s’ entrecroisent le même rythme avec celui-ci mais en décalé, formant deux ternaires en un seul morceau, parfois s’ ajoutant, parfois recouvrant le rythme déjà oppressant. On ressent l’ atmosphère difficilement supportable. Cela pèse sur mon esprit mais se ressent aussi sur mon corps. Mes épaules supportent ce lourd poids. Il me faut continuer pourtant, me cacher, fuir et essayer de comprendre. Mais cet endroit est si impossible, si irréel. J’ ai traversé une pièce où la perspective n’ existait plus, des escaliers étaient face à moi mais aussi au plafond ou sur le mur de ma gauche. Un particulièrement, en colimaçon, partait de la base du mur de gauche, passait par le sol devant moi, pour se terminer au plafond. On se serait cru dans un tableau d’ impressionniste. Toute la perspective était annulée, impossible de tomber ou de sauter dans cette pièce, ces notions avaient disparues de cet endroit étrange et ce qui me semblait si loin au fond, cette porte vers une très accueillante sortie, était finalement à quelques pas de moi, où plutôt ai-je réussi à traverser cette étrange pièce en peu de temps et de mouvement. Je suis sûr que si je m’ étais retourné dans ma traversée, je n’ aurais vu que la même chose que devant moi. La musique est toujours aussi noire et dure. Ce n’ est pas forcement la musique finalement, compris-je au bon du long moment d’ adaptation, mais c’ est le rythme en lui-même, le boum boum du tempo est fort, appuyé, comme si des enceintes géantes étaient dissimulées partout dans chaque pièce. La description de ce phénomène est vraiment difficile, me dis-je intérieurement, c’ était comme si je marchais à la fois sur le son et à travers lui. Je ressentais tellement cette musique que je semblais me mouvoir en elle, sentant les ondes me traverser et me caressant, tel le vent sur une fleur. C’ est le genre de musique, dure, forte,oppressante, que j’ aurais parfaitement mis dans une usine, pour que mes ouvriers restent dans cette optique de contrôle, de pression sur eux. Difficile à comprendre, jamais je n’ avais vu chose pareille, mais depuis le début de mon périple, je dois admettre que peu de choses étaient « normales ».

 

I’m a soldier

 

Courant en tout sens, sans vraiment penser à me faire une carte mentale des lieux, je découvre l’ extérieur de ma cage dorée. Si celui que je viens de quitter dit vrai, je viens de m’ échapper, miraculeusement, d’ une gigantesque expérience, qui aurait pu durer encore un temps infini. Me voilà libre, en quelque sorte, libre des expériences, mais néanmoins emprisonné dans ce lieu qui ne me dit rien. Ce doit être donc une sorte de laboratoire ou de complexe. Vu les activités ici, tout doit être sous surveillance et sous contrôle. Il va me falloir faire attention à tout, ne pas retomber dans les griffes des personnes qui ont jouées avec moi avec si peu d’ humanité. C’ est à mon tour de prendre le contrôle, il est temps de me venger de ceux qui m’ ont fait souffrir. Il est temps de passer à l’ offensive. Ce que mon double, appelons cette chose ainsi, m’ a fait comprendre, c’ est qu’ il n’ était pas seul à combattre les personnes qui m’ ont fait subir tout cela. J’ ai donc une chance de me venger. Je peux courrir me terrer, espérer trouver la sortie, et quitter ce monde si étrange, si incroyable. Revenir dans mon monde, loin de toute cette science fiction. C’ est la première idée qui m’ a traversée l’ esprit. Me sauver pour me sauver. Et puis, parcourant ces pièces, croisant un tas d’ expériences étranges, vides mais terriblement effrayantes, je pense aux autres. Mon double a parlé d’ autres cobayes. Seul, mon action est limitée. Je ne suis pas dans un film américain ici, je ne vais pas pouvoir terrasser un million d’ ennemis seul et sans arme. Je ne suis certainement pas le héros de cette histoire. Mais j’ ai la possibilité de ne pas être seul, de sauver d’ autres victimes, et ensemble,comme le dit le dicton, on est plus fort. Et puis comme dit la chanson, ça fait moins peur de mourir à plusieurs. Je ne suis pas optimiste sur le fait de réussir à libérer d’ autres personnes et de combattre ceux qui nous on fait cela. Je ne suis pas optimiste du tout, car ils seront sans doute plus nombreux que nous, ils seront sans doute plus fort que nous. Je me dis juste que nous lutterons avec toutes nos forces, luttant pour ne pas retourner comme des animaux en cage. Je reprends néanmoins espoir en repensant en mon double, et pour deux raisons. D’ abord, il m’a dit qu’ il faisait partie d’ une faction. Si seulement je pouvais retrouver ces gens maintenant. Cela simplifierait les choses et sans doute pourraient ils m’ éclairer sur où je suis et comment combattre ou aider. La seconde chose qui m’ empêche de baisser les bras, c’ est que mon double, quelque soit cette chose à l’ origine, a donné sa vie, a détruit son existence, pour me laisser une chance. Il me faut absolument la tenter, quitte à tout perdre.

 

A mon tour de jouer

 

Oui c’ est quitte ou double. Mon intérêt est de doubler, de sauver ceux qui peuvent encore l’ être et sortir tout le monde de là. Si j’ échoue, moi je serais sans doute punis dans le meilleur des cas et je serais remis dans une expérience horrible avec cette fois une surveillance permanente. Dans le pire des cas, non seulement moi mais aussi tout ceux que j’ aurais réussis à rallier à ma cause périront, et sans doute pas avant de longues souffrances et tortures.Je tremble un peu à cette idée. Mais la musique oppressante qui règne dans ce lieu me décide vite de continuer à croire en ma chance, en ma conviction que ce que j’ ai enduré n’ est pas humain, est condamnable, appelle à la vengeance. Dans cet univers où les deux seules couleurs sont le vert foncé et le noir, je me dirige doucement vers les points où la musique est forte, cherchant à détecter toute activité, ne trouvant que peu d’ expérience comme celle que je viens de quitter. A aucun moment encore, je n’ ai vu d’ autres êtres humains dans ces lieux, aucun ami à aller sauver, aucune trace de la faction ou de ce que mon double a appelé l’ agence.

Je m’ enfonce dans un long couloir dont le vert irradiant transperce l’ obscurité environnante.


OH … MERDE !

 

Contact

 

Cette fois, ça y est. Le voilà, mon premier contact avec les autres cobayes…

 


quo vadis episode 11



Tags : Quo Vadis episode XI

Ajouté le 18:05 à 29/1/2009
Commentaires (2) - Poster un commentaire | Envoyer à un ami

Quo vadis ? X

 


 

 

Les trois cases rougissent. Je suis totalement effrayé. J’appréhende déjà le mal que je vais subir. J’ai déjà souffert mille tourments avec ma précédente erreur de la case rouge 5. Mais maintenant le chiffre 16 ! Je ne vais pas survivre, c’est certain.

L’atmosphère ambiante commence à changer en une rougeoyante fournaise.

 

Boom

 

La déflagration est forte, assourdissante. Tout redevient noir. Plus rien ne change autour de moi. Que se passe t’il encore ? Est-ce cela mon nouveau cauchemar ?

J’ai l’étrange pressentiment que non. Il y a quelque chose de pas naturel dans tout cela.

Je me surprend à rire de cette idée de pouvoir juger ce qui est réel ou non depuis que je me trouve dans ce méandre de cauchemars.

Je me lève péniblement quand au loin, une porte s’ouvre, faisant fondre l’obscurité qui est mienne d’une lumière faiblement verte foncée. C’est une sorte de petit sas qui s’est ouvert et quelqu’un est là, à son entrée.

 

Je reste sur place et la personne se dirige vers moi. Je prend peur mais ne sais comment réagir. Plus elle s’approche plus je la vois distinctement. Environ un mètre de haut. Une silhouette assez difficile à identifier. Quelque chose d’étrange sur ce nouveau venu…

 

-         Viouen, vite ! Nouin n’avons pas beaucoup de temps !

 

Je commence à bouger, à reculer. La silhouette s’approche encore. Je doute qu’elle puisse me sortir de cet enfer. Je me ressaisis en comprenant que c’est peut être la seule vrai issue qui m’est donnée depuis le début de ce cauchemar. La silhouette arrive près de moi.

 

Début d’explication

 

Je m’arrête d’effroi lorsque je distingue alors totalement mon interlocuteur. Ce n’est pas humain ! La chose possède deux jambes, mais des membres inférieurs qu’on ne saurait nommer entre pattes et pieds palmés. Le corps, plutôt maigre, est assez humain ; mais la chose possède un long cou et une tête élancée. Enfin la chose possède un bec au milieu du visage qui semble humain. Elle semble aussi avoir des sortes d’ailes dans le dos. Mais quelle est cette horrible chose ? Un croisement génétique qui a mal tourné entre un homme et une oie ?

Son corps maigre est néanmoins musclé, mais sa tête et ses pieds semblent très chétifs. Je suis tenté de crier mais aucun son ne sort de ma bouche.

 

-         Quouin ? Pourquouin t’arrêtes tu ? Dépêche touin, il te faut sortir au plus vite !

 

Lentement, je reprends le contrôle de ma locution.

 

-         Qui êtes-vous ? réussis-je à formuler.

 

-         Je suis de la Faction. Nouin sommes là pour te sortir d’ici. Nouin luttons contre l’Agence.

 

-         Je ne comprends rien.

 

-         Bouin, je te résume rapidement la situation : tu es ici, un des nombrouins cobayes de nombrouins expériences de l’Agence. L’Agence, tout comme la Faction, sont des consciences collectives, dont toutes les entités poursuivent le même but de leur groupe. Néanmouin, ces deux groupes sont opposés idéologiquement. L’Agence fait des expériences sur des êtres de diverses espèces, pour un but qui nouin échappe encore. Nouin, la Faction, voyouin surtout le mal que l’Agence fait, nouin avons décidé de contrecarrer ses plans. Tu es le premier auquel nouin réussissons à venir en aide. Pas parce que tu les autres sont mieux surveillés, mais parce que cette expérience-ci est nouinvelle, totalement, et pas encore infaillible. 

 

Une sonnerie se fit alors entendre, une mélodie ressemblant à une marche funèbre.

 

-         Nouin ! Déjà ! Nouin ne pouvons pas t’en expliquer d’avantage. Nouin devons prendre ta place pour assurer ta sécurité.

 

C’est alors que la chose bascula son long cou et sa tête en arrière. Puis elle se recroquevilla en repliant ses jambes et son corps, d’une façon absolument pas rationnelle. Toute la chose commença à changer et à grandir. Sa tête se fit plus courte, son cou aussi, son corps plus grand, ses jambes plus humaines. Son visage se dessina…en mien.

 

La créature devant moi se métamorphosait. Et le résultat n’était autre que moi-même !

 

-         Oh mon dieu ! criais-je.

 

-         Tu apprendras bien vite que ton dieu n’existe pas, pas plus que toutes tes croyances abstraites. Ecoute mouin bien, sujet numéro trois. Nouin allons prendre ta place ici. Nouin allons faire crouinre en ta mort. Ainsi tu pouinrras librement circuler dans ces lieux. Prend néanmoin garde à touin, esquive toujours l’Agence. D’autres membres de la Faction sont éparpillés, nouin essayerons de t’aider du mieux possible. Si tu tombes sur d’autres cobayes, essaye touin aussi de leur venir en aide. Mais surtout, sors touin d’ici. De ta survie dépend notre réussite.

 

-         Mais que dois-je faire ? Où dois-je aller ? Pourquoi tout cela ?

 

-         Pouin de temps pour cela maintenant. Sors et retrouve la Faction.

 

Sans chercher à comprendre, subjugué par les informations données et encore plus par toutes les questions restantes, j’obéis à l’ordre que cette chose m’avait donné.

Je passais dans le petit sas, me retrouvant dans un couloir vide, éclairé d’une lumière verte et obscure, ne me rappelant rien de connu. Je me retournais vers l’ouverture. Mon double me fit un signe de la main, que j’interprétais comme un adieu. Mon double sortit ensuite un objet de je ne sais où et le posa à ses pieds. « Fuis, numéro trois, tu es notre meilleure chance ! ». Puis le sas se ferma doucement, et je m’accroupie pour continuer à voir mon double. Ce dernier prit soudainement feu, embrasé par des flammes si rouges, si jaunes, si bleues ! Il ne cria pas.

 

Je restais devant la porte sans rien dire et sans rien comprendre, essayant d’assimiler les évènements. La sirène tonnait toujours mais je m’en moquais. J’étais un cobaye ! Un groupe non humain était venu me sauver ! Et pour me sauver, un des leurs avait donné sa vie pour faire croire à ma mort !

 

Je me sentais étourdie, en proie aux vertiges qu’entraînaient mes réflexions.

L’alarme sonnait et je m’en rendis enfin compte. Je devais fuir, tels étaient ses derniers mots. Fuir. Si ce tout cela était vrai, aussi improbable soit-il, l’Agence n’allait pas tarder à venir ici.

Fuir, il me fallais donc fuir…

 

Tags : Quo Vadis episode X

Ajouté le 20:00 à 31/12/2008
Commentaires (3) - Poster un commentaire | Envoyer à un ami

Quo vadis ? IX

 



On retient le souffle.

On a un problème avec l’ expérience du Damier.

On a visionné une partie des rêves et des cauchemars du sujet numéro 3.

On a vu une première erreur se produire.

Le sujet numéro 3 a essayé de tricher, d’ outrepasser les règles tacites.

On l’ a vu en payer le prix.

Mais lorsqu’ il a trébuché et déclenché trois épreuves en même temps, trois douloureuses en plus…

Les écrans de contrôle ont lâché.

 

On a perdu le contact avec l’ expérience du Damier mais aussi avec le sujet numéro 3.

On a envoyé du monde sur place se renseigner.

Alors, On a appris la mauvaise, l’ horrible nouvelle.

On a ramené les restes du corps humain calciné du sujet numéro 3.

On a du mal à le croire, à l’ accepter.

On n’arrive pas à se dire que tout est fini avec le meilleur cobaye.

On déplore vraiment qu’ un incident sur la nouvelle expérience ait mis fin au prodigieux périple du sujet numéro 3.

Il avait été si loin, avait enduré tant !

 

On se réconforte en se disant qu’ On va modifier les paramètres du Damier pour que cela n’arrive jamais, bien qu’ On ait peu d’ espoir de revoir un sujet arriver à un tel point.

On attend plus d’ information de la part de ceux envoyés sur place.

 

Après avoir perdu le contact, les premiers rapports expliquent que l’ expérience s’ est éteinte, blackout, que le Damier ne fonctionnait plus. Puis pour une raison encore inconnue le sujet numéro 3 s’ est embrasé rapidement, non sans souffrance, et l’ équipe envoyée a retrouvé son corps encore chaud mais peu reconnaissable. Il ne restait plus de chaire, juste le squelette noirci, une odeur épouvantable et la perte de tout espoir.

 

Mine de rien, avec le temps, On s’ était attaché à lui.

Il était comme le préféré.

 

Mais On ne peut pas se laisser abattre.

On commence des recherches pour savoir si c’ est un problème technique qui a causé un tel incident.

Ou un sabotage…

La Faction a - t - elle un lien avec cette disparition ?

 

On fait rapidement le deuil du meilleur sujet qu’ On a étudié jusqu’ à maintenant.

On espère pouvoir trouver un autre excellent cobaye.

On s’ y atèle désormais avec courage et conviction.

On va devoir encore trouver d’autres cobayes…




Tags : Quo Vadis episode IX

Ajouté le 17:19 à 10/12/2008
Commentaires (7) - Poster un commentaire | Envoyer à un ami

Quo vadis ? VIII

 



     Inferum          

           

Je me retrouve, toujours nu, enchaîné, la tête en bas, sur une croix de métal brûlant.

Je vois tout autour de moi une atmosphère ardente, dichromatique. Partagée de noir effrayant et de rouge sanguinolent, faite de flammes et sang, d’ ombres et de ténèbres.

 

Je suis en enfer. Enfin, dans un enfer où je ressens à la fois la douleur physiquement et psychologiquement.

Mon crâne est le champ de bataille de tourments sans nom, chaotiques, dont j’ ignorais jusqu’ à l’ existence.

Je subis des visions atroces de toute souffrance humaine, de tous ceux qui me sont chers, parents, famille, amis, proches, êtres humains.

 

Je vois la barbarie humanisée, le détestable aspect belliqueux et sans fin des hommes, les tueries sans états d’ âme, les génocides sans nom, l’ extermination collective sans visage.

Je vois la mort dans l’ œuf, tuer un enfant de peur qu’ un jour il devienne un ennemi. Je vois malgré moi la violence mondiale sans limite, l’ inépuisable recherche de la disparition des autres, je vois les tyrans massacrant à la chaîne avec l’ aval des hommes pensant bien penser. Je vois la mort partout, la destruction, le désespoir total, l’ injustice et les cris…

Les cris de tous les innocents, de toutes ces morts gâchées, de tout ce gâchis.

Je me demande comment j’ ai pu croire si longtemps en l’ humanité.

Je ne fais que le constat de toute cette incompréhension.

J’ ai honte. Honte d’ être un être humain. J’ ai honte que ma race se soit promulguée la plus puissante de tous les animaux. J’ ai honte de cette erreur, car je vois bien que nous sommes encore loin d’ atteindre la sagesse des animaux.

Je ne suis que face aux innombrables crimes innommables de l’ espèce humaine.

Et je souhaite ne jamais avoir existé, je souhaite que tout cela n’ ait jamais existé.

Je souhaite fermer mes yeux, oublier ces images, je souhaite fuir loin de cette réalité.

Je souhaite fuir, fuir, fuir aussi loin que possible, ne pas m’ occuper des problèmes de mon espèce et ne me préoccuper que de moi, je ne veux pas payer pour les autres, je ne veux pas me considérer comme eux, je ne veux pas…

 

Et pourtant les images continuent à défiler à travers mon esprit.

Je suis fatigué, je veux que tout s’ arrête. Tout. Et tous aussi.

Je veux que nous cessions immédiatement notre destruction, ainsi que celle de tous ces innocents qui nous entourent. Stop. Je ne peux accepter de telles choses. Je ne peux assumer de telles choses. Je ne peux plus me reconnaître humain…

Je cherche à freiner le processus des images dans ma tête, je me fixe sur des détails, sur certaines images en particulier, pour ralentir ce flot de haine.

Je vois les hommes tuer par idéologie et par intérêt, je vois le terrorisme aveugle et aveuglé, je me focalise maintenant sur le pouvoir sans cesse grandissant des sectes nommées religions, qui ne cherchent qu’ à s' imposer face aux autres.

Je me focalise encore d’ avantage sur ce sujet, je vois que certaines sectes prônent la non violence, comme par exemple le bouddhisme, mais je vois que ce genre de pensée est irrémédiablement pourchassée, condamnée, pour être détruite.

Attitude déviante.

On supprime les déviants pour ne pas avoir à réfléchir aux problèmes.

Classique chez l’ homme.


Mon âme n’ en peut plus. Elle a subit la destruction totale de ce en quoi elle croyait, de la paix, de la réconciliation des peuples et de la cohabitation entre les hommes, de l’ ouverture d’ esprit, de la tolérance, de la clémence, de la prise de conscience de l’ humanité. Tout. Tout est balayé de mon esprit.

 

Physiquement, la douleur est encore pire. Chaque partie de mon corps me brûle, m’ irrite, me ronge, m’ élance dans de profondes souffrances. Chaque molécule qui compose mon corps semble se détruire sans cesse et se rétablir aussitôt ne laissant que d’ infinis tourments déferler sur tout le long de mon corps.

Je ressens tout avec une extrême sensibilité, les sensations sont insoutenables et je ne peux me dérober par la perte de connaissance ou par la mort, je suis condamné à souffrir sans cesse. Je suffoque de douleur, je me sens exploser, m’ enflammer, me démembrer, m’ écrabouiller à chaque seconde et renaître à la seconde suivante pour recommencer le cycle d’ atrocités…

 

     Avertissement

 

Complètement choqué, je m’ effondre à terre, par chance sur la case noire sous mes pieds.

L’ épreuve a été horrible. Je n’ arrive pas à reprendre mon souffle, mon cœur frappe huit pulsations par seconde, j’ ai du sang qui coule du nez et des oreilles, mais aussi par les yeux.

A bout.

Je plonge ma respiration et mon souffle dans un long cri et commence à pleurer, plus fort que jamais.

Fatigue physique, fatigue morale, profonde tristesse, désespoir intense.

Je ne sais plus que faire. A quoi bon continuer ? Et puis continuer à faire quoi d’ abord ? Je ne le sais même pas moi - même.

 

La réalité me revient alors doucement, je suis toujours dans ce maudit endroit, improbable labyrinthe de noir et blanc.

Je me relève péniblement, appréhendant de souffrir le martyr que j’ ai souffert pendant cette vision.

J’ ai voulu tricher. Et si le blanc est la couleur d’ une agréable vision et le noir celui d’ une mauvaise, le rouge est simplement une torture. 

 

Devant moi une case blanche, numérotée 6. Je lève les yeux et scrute au loin. La sortie a disparut !

Je ne vois plus rien, au fond, devant moi. Mon regard cherche désespérément la sortie.

A ma grande surprise, elle se trouve désormais sur ma gauche. Sans doute existe - t - il plusieurs issus, ou alors elle se déplace à chaque tricherie.

Espérons qu’ elle ne va plus bouger. Je pose donc mes pieds sur la case blanche…

 

     Paradisus

 

Tout s’ évapore autour de moi, je suis entouré de limbes blanches et ensoleillées. Puis, les couleurs m’ apparaissent enfin.

Je me trouve dans un magnifique champ composé d’ une multitude de fleurs de toutes les couleurs.

Je suis toujours nu et je ressens la douce caresse du vent contre ma peau.

Il fait chaud, pas un seul nuage noir à l’ horizon.

Tout est bucolique. Il n’ y a que moi et la nature, magnifique, sauvage, nue elle aussi.

Toute cette beauté m’ est révélée simplement. Je me sens en parfaite symbiose avec le bel environnement de la Terre.

Au loin je distingue un petit bosquet.

 

Je m’ approche doucement, laissant les fleurs effleurer ma peau de leurs pétales.

Près du bosquet, un petit ruisseau, rafraîchissant, coule calmement. Les arbres sont couverts de fruits qui semblent très goûteux et nourriciers.

Je n’ entend ni ne vois aucun insecte ou animal. A part de grandioses oiseaux de paradis, multicolores, sillonnant le ciel et bariolant le bleu clair de leurs couleurs éclatantes. On se croirait au jardin d’ Éden.

 

Il fait tellement bon et il est tellement agréable d’ être en ce lieu ! Il ne manquerait que…

 

Je perçois un mouvement derrière un arbre. Une chose vient de bouger non loin de moi. Une silhouette. Je m’ approche avec un sentiment de curiosité croissant.

Une jeune femme me sourit. Elle a les cheveux éperdument longs, un visage fin, une peau si blanche, des yeux si merveilleux.

Je tombe immédiatement à ses pieds. Elle est nue elle aussi et son corps est si magnifique. Je ne pense plus du tout à ma solitude, je me vois déjà ne plus la quitter. Ses fossettes se mettent à rougir, elle me sourit d’ avantage, révélant ses dents aussi blanches que la lumière aveuglante qui m’ a conduite en un tel lieu.

Le paradis existe-t-il donc ?

Elle prend ma main et me relève. Aucun mot ne sort de nos corps, nous n’ en avons pas besoin, il suffit de rester les yeux dans les yeux pour se comprendre.

Nous nous asseyons à l’ ombre d’un arbre, près du ruisseau, et nous commençons alors à nous embrasser. D’ abord timidement puis avec fougue. Une folle ardeur nous anime, nous nous allongeons sans nous arrêter de nous enlacer amoureusement.

Nous nous sommes alors laisser aller aux plaisirs charnels, qui furent les plus grands bonheurs de cet endroit.

Notre désir ne se contentait pas, nous ne cessions de recommencer au point de perdre le compte.

Nous nous sommes arrêté parfois pour aller nager dans le ruisseau ou bien manger les délicieux fruits des arbres.

Nous n’ avions aucunement froid, tout était idéal en ce lieu, intemporel, éternel et d’ une jouissance infinie.

 

Au moment où je commençais à m’ habituer de ce havre de paix, elle se leva et me quitta.

Je me levais à mon tour et entreprit de la rattraper. Je ne voulais laisser partir mon enchanteresse.

Elle se mit à courir et je couru à mon tour. Elle s’ éloignait vite, je me suis élancé, pensant tomber sur elle pour l’ arrêter… au lieu de cela, je perd l’ équilibre et tout s’ évapore autour de moi.

 

     On vous avait pourtant prévenu

 

Je retrouve l’ univers du labyrinthe, en plein milieu de mon mouvement. Je m’écroule au sol de tout mon long, en même temps que mes illusions.

 

Je me suis étalé sur trois cases à la fois… Trois cases noires… 6, 6 et 4.

Ce que je réprouve se produit : une alarme retentit, les cases deviennent rouges et le chiffre 16 apparaît…

Oh merde !

 




Tags : Quo Vadis episode VIII

Ajouté le 18:21 à 14/11/2008
Commentaires (6) - Poster un commentaire | Envoyer à un ami

Précedente Suivante | |

A propos du blogueur

Je mets en ligne mes écrits, sans prétention et sans ménagement. En espérant, pas forcément vous plaire, mais au moins vous sortir pour quelques temps de l'ordinaire.

Tous les écrits présentés ici sont mis à la disposition selon les termes de la Licence Creative Commons.

«  November 2009  »
MonTueWedThuFriSatSun
1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30


Menu

Album photos
Accueil
Voir mon profile
Archives
Blog RSS
Mon livre d'or

Catégories

Concours d'écriture
Nouvelle
Poésie
Quo Vadis ?
Souvenirs

Amis

9
alixdeslandes
antonkarmazoe
chibanimation
clysthendra
lapaixtue
niced
rouxremi
soldatdelapoesie
unvoyagearaconter

Liens

Ma gallerie de photographies
Le lit
Humanité ?
Formicidae
Régularité
Dreamer
Nous pleuvons
Mourir par amour
Incandescence
Clown
Voyager vraiment
Partir
Dernier voyage
Rondeau
Bénédicte
Quo vadis ? Episode 1
Idiolecte d'inversement
Symphonie
Le chat
Quo vadis ? Episode 2
Psychopathie
Haut dans le ciel
Parler !
Quo vadis ? Episode 3
Pleure avec moi
Coeur
Le goût de la mort
Quo vadis ? Episode 4
Marionnettes
Conte des vieux sentiments
Je commence demain
Quo vadis ? Episode 5
Un homme sous la pluie
Egarements
Le désert sans toi
Quo vadis ? Episode 6
On a parlé
Allégorie de la caverne ?
Poésie ?
Quo vadis ? Episode 7
Me faire taire ?
Hyperémotivité
Le prince de six sous
Quo vadis ? Episode 8
Carpe Noctem
Langundo
Encore des larmes
Quo vadis ? Episode 9
Mon besoin
Mon endroit
Mon mal
Quo vadis ? Episode 10
Ma force
Denary
Quo vadis ? Episode 11
Espoir et lassitude
Introspection de soi grâce à une horloge qui fait tic-tac
Après tout...
Quo vadis ? Episode 12
Les vies arrêtées
Courir et sauter
Univers cité
Quo vadis ? Episode 13
Celui qui devait mourir pour exister
Parmi eux
Poème pour ne rien dire
Quo vadis ? Episode 14
La fin d'un monde
Jasmine
Amour égoiste
Quo vadis ? Episode 15
X - térie
1912
Page blanche
Quo vadis ? Episode 16
Idiolecte d'assonance
Nuit d'horreur

Services


Sondage

Créer un blog | Liens : Fonds d'écran gratuits | High School Musical |  Contacter l'auteur