La ville où les gens regardaient en l'air

La ville où les gens regardaient en l'air

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            Je vous demande pardon, lectrice, lecteur, pour mon petit silence. Il me faut vous conter l’étrange aventure qu’il m’est advenu il y a de nombreux jours et qui explique mon retard dans la mise en ligne de ce billet. Pour bien vous narrer toute l’histoire, il me faut remonter douze jours en arrière.

 

            Dernièrement, je fus convié à une soirée mondaine, à la grise capitale - ou plutôt obligé d’assister ! - puisqu’elle était organisée par mon éditeur en l’honneur de mon dernier roman. (Vous remarquerez la subtile publicité que je viens de me faire). Il faut vous dire que je hais les soirées mondaines. Tous les gens présents étaient soit des connaissances, des proches et des gens du métier, qui se félicitaient de me connaître, moi et mon succès, ou alors des figures littéraires en vue qui prenaient le soin d’être présentes mais qui n’hésiteront certainement pas à m’assaillir de critiques massacrantes.

           

            Je distribuais donc les banalités d’usages que l’on attendait de moi, répondait aux idiotes questions habituelles « quand écrivez vous », « avec quoi écrivez vous », « sur quoi écrivez vous actuellement », auxquelles je confiais « uniquement le soir entre 18h30 et 19h15 monsieur », « j’écris uniquement avec un crayon fusain pointe numéro 7 sur des feuilles de papiers recyclées brunes madame », « j’écris en ce moment une étude historique sur le rôle des Illuminatis dans la destruction des peuples primitifs de Papouasie orientale mademoiselle »…

 

            Bref, mon seul soulagement, c’est que je peux leur dire n’importe quoi, ces gens-là ne me lisent pas, ces gens-là ne s’intéressent à moi que pour ensuite dire « je connais untel, j’ai discuté avec lui la semaine dernière », ces gens-là sont simplement d’apparence et ne m’intéressent pas. Mais je me dois de rester présentable devant ces gens-là, car cela fait parti du jeu.

 

            J’étais donc là, en train de m’ennuyer mondainement, quand on m’a présenté Pierrick, un réalisateur talentueux entre autres, à peine plus vieux que moi, et qui ne savait pas plus que moi ce qu’il faisait là. Il avait reçu un carton d’invitation, sans doute par erreur, et n’ayant rien d’autre à faire, il était venu par curiosité. Il ne savait même pas qui j’étais, ce qui dans ce contexte précis, me fut un soulagement sans nom.

 

            Nous avons commencé à discuter ensemble et je me suis pris d’affection pour lui. De plus, Pierrick ne me parlait pas de littérature, ce qui me réconforta grandement. Je ne saurais vous dire exactement par quel fil de la vaste discussion que nous avons eu nous en sommes arrivés à ce sujet-là, mais en revanche, je me souviens de chacun des mots de l'histoire qu'il me raconta, tellement elle me marqua.

 

            Pierrick était parti, il y a peu, se ressourcer loin de tout, dans une petite ville du Massif Central. La route avait été longue depuis Paris et il arriva vers la fin de l’après midi dans ladite ville. Fatigué et courbaturé par le voyage, il s’était directement mit en quête d’un hôtel pour réserver plusieurs nuits.

 

            La ville était très silencieuse et Pierrick remarqua vite que les rares voitures qu’il pouvait voir étaient toutes à l’arrêt, toutes étaient des voitures étrangères à la ville, sans doute des touristes se dit-il. Étrange néanmoins qu’aucune voiture n’était immatriculée du département.

 

            Sans s’en soucier d’avantage, Pierrick remarqua que malgré l’absence de voiture dans les rues, la ville n’était pas déserte pour autant. C’était même l’inverse : il y avait vraiment une grande foule dans les rues de la ville. Du monde partout, mais alors vraiment partout.

 

            C’est alors que Pierrick prit conscience de l’étrange phénomène. Il roulait prudemment, avec l’intuition qu’il y avait un petit quelque chose d’étrange dans cette ville, quand deux passants traversèrent devant lui sans prévenir, l’obligeant à freiner sèchement pour éviter l’accident. Or ces deux personnes ne s’étaient nullement arrêtées, il semblait qu’elles n’aient même pas remarqué la présence de Pierrick. Elles avaient la tête en l’air, les yeux rivés vers le ciel.

 

            Assez surpris, Pierrick sortir de son véhicule et essaya de suivre les deux passants pour avoir une explication. Il était préoccupé par son incident et ne remarqua donc que tardivement que toutes les personnes autour de lui ne s’étaient absolument pas préoccupées de lui, que toutes avaient la tête en l’air, regards envoutés par le ciel.

 

            Pierrick resta perplexe, regarda à son tour dans le ciel et fut subjugué. Selon ses mots, il n’était pas possible de décrire ce qu’il y avait dans le ciel, la seule chose qu’il a pu me dire c’est qu’il n’avait regardé que quelques secondes qui lui avaient parues être éternité et qu’il avait eu beaucoup de mal à baisser les yeux, à se reprendre. Il m’a dit avoir éprouvé une paralysante envie de rester à regarder le ciel comme tout le monde autour de lui. Il se sentait léger, complètement en dehors du monde des hommes, il se sentait élément parmi les éléments, il sentait qu’il allait s’envoler.

 

            Pierrick a pris peur de ce phénomène, il a couru à sa voiture, se cala au fond de son siège pour ne pas voir le moindre bout du ciel et pris rapidement la poudre d’escampette sans se retourner. Une fois plusieurs kilomètres parcourus, il ne pouvait plus s’en empêcher, il s’arrêta sur le bas côté et sortit regarder encore une fois le ciel. Cette fois-ci, le ciel était parfaitement banal, il n’y avait plus du tout ce côté envouteur et hypnotique qu’il avait pu ressentir auparavant.

 

            Après avoir longuement regardé Pierrick dans les yeux pour essayer de voir s’il ne se moquait simplement pas de moi, j’ai compris qu’il disait vrai. Je fus submergé de questions. Celle que je réussi à formuler fut de savoir comment il était possible de faire quoique ce soit, d’aller où que ce soit, tout en restant la tête plongée dans les nuages. Le visage de Pierrick s’adoucit d’un seul coup et il me répondit que la réponse devait être écrite dans le ciel.

 

            J’avais du mal à prendre au sérieux cette histoire, j’ai donc demandé à Pierrick de me dire où se trouvait cette étrange ville où les gens regardaient sans cesse en l’air… Et je suis allé voir par moi-même.

 

 

            Voilà la raison de mon absence, j’ai découvert quelque chose d’absolument impossible à vous décrire, malgré tous les mots que je possède. Cela est unique, cela est apaisant, cela existe bel et bien. Je suis revenu ici écrire cette histoire, mais il ne fait pas l’ombre d’un doute que je vais y retourner dès que je vous aurais achevé mon récit. Je n’ose vous dire où se trouve cette ville, je préfère garder le secret, par peur que vous non plus, vous ne puissiez plus en repartir la tête sur les épaules et non dans les nuages.



escapades nocturnes la ville ou les gens regardaient en l'air obscuramento


Remis de ses émotions, Pierrick a tenté de faire comprendre ce que nous avons pu ressentir dans cette fameuse ville...


Pierrick Servais, Oscuramento.


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Ajouté le 18:44 à 14/9/2009
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<:o)

je me demande ce que vous avez tous pu voir dans le ciel de cette ville  le double de soi..mais en mieux des âmes qui volent par ci par là  ou les nuages qui formaient de par leur changement des messages allez quoi..dis nous ce que t'as bien pu voir 

clarimage - 02:05 - 16/9/2009

<:o)

bon week end Nocturne,la tête bien sur les épaules 

clarimage - 03:37 - 26/9/2009

KIKOU

coucouuuu comment va ?? ça gaze ??
moi je sais pas si cest bloguez qui rame ou  si cest mon ordi ou si cest les 2 ? loll mais cest assez chiant je trouve !! hein que jai raison ?

ta bien dormi ? moi oui jai revé que je gagné a leuro million mdrrrr
dommage ce netais quun reve pffff
il fais frais ce matin va falloir que je pense a sortir  mes slips molletonné mdrrr
bon jespere que tu vas passé une bonne journee pleine de fraicheur et de soleil dans le coeur !
je te fais un GROS BISOUSSet te dis a plus tard !!
 

 

meszamoursbynath66 - 08:32 - 19/10/2009

kikou !!♥

Bien le bonjour mon ami comment va ?
le vent ne sarrete pas chez moi mais ça va la temperature est assez bonne on se les gele pas trop encore loll
jespere que tu vas passé une tres bonne journee jespere que moi aussi lolll
bon je te laisse et te fais un GROS BISOUSSSSS
a plus tard ou a demain !!

meszamoursbynath66 - 09:17 - 20/10/2009

<:o)

nous avons une miniature par ici de cette ville..tout le monde regarde en haut,fait même la course vers le haut, et fait semblant qu'il n y a personne d'autre à côté 

clarimage - 01:35 - 11/11/2009

:)

C'est étrange mais comme je viens de découvrir ton blog, je n'arrive pas a savoir si ce texte est une fiction pour nous faire rêver ou si il existe une ville avec un ciel si merveilleux..
Pourrait tu nous en dire plus ?

lilstorm - 12:39 - 16/12/2009

A propos du blogueur

Je mets en ligne mes écrits, sans prétention et sans ménagement. En espérant, pas forcément vous plaire, mais au moins vous sortir pour quelques temps de l'ordinaire...

Escapades Nocturnes


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