A chaque palier, derrière chaque sas, je retrouvais les horribles vestiges du passé. Dans la plupart des salles, je découvrais d’anciennes expériences, machines sans nom et sans réelle description possible, souvent torturant à la fois le corps et l’esprit des cobayes.
Souvent, il ne restait de ces atrocités que de vieilles commandes, quelques écrans de contrôle ou bien des cuves comme celles que j’avais vu plus haut dans le complexe. Des machines cassées, des expériences mises de cotés puis oubliées.
Mais, malheureusement pour moi, parfois il restait aussi les anciens cobayes de ces expériences.
Je n’ai pu contenir mon estomac la première fois, puis j’ai essayé de relativiser pour ne pas sombrer dans la démence profonde. J’ai pris sur moi, me disant que pour eux, tout était enfin fini. Néanmoins il m’était vraiment difficile de continuer mon périple en voyant une telle désolation.
Ainsi dans certaines salles, je retrouvais ce qu’il restait des anciens cobayes. Généralement, ils n’étaient pas humains… ou alors plus. Rarement les corps étaient encore entiers.
Je me frayais un chemin entre les restes de corps, de membres et d’organes de ces êtres qui un jour avaient été vivants, emprisonnés eux aussi dans une de ces expériences atroces.
Ces corps avaient été mutilés, lobotomisés, calcinés, déchiquetés, écrabouillés, écartelés,liquéfiés, désintégrés…
C’était un carnage sans nom.
La vision d’une telle horreur me hantera sans doute à vie, mais cela ne m’inquiétait plus maintenant : quelque chose me disait que maintenant ma vie n’avait qu’un léger sursis.
La barbarie sans nom qui m’entourait m’avait décidée : dans un grand râle de colère et de haine, je me promis que je vengerais une telle abomination. Il fallait que ceux qui avaient fait subir autant de souffrances payent pour cela. Il ne m’était plus possible de ne penser qu’à moi et d’essayer de sauver ma peau. Je décidais que même si cela me coutait la vie, je ne vivrais que pour venger les trop nombreuses victimes innocentes de ce génocide.
J’en faisais le serment face à une cuve bleu. A l’intérieur était suspendue le corps meurtri d’une jeune humaine à qui on avait mutilé les jambes. Son visage était crispé sur un sentiment de douleur infinie. Si cela se retrouvait en mon pouvoir, je mettrais un terme définitif à toute cette expérimentation.
J’espérais aussi pouvoir venger toutes ces innocentes victimes en détruisant l’Agence. Si la Faction avait raison, et pour l’instant je n’avais pas d’autre raison que de la croire, mon objectif devenait l’annihilation pure et simple de ce groupe, quel qu’il soit.
Continuant à descendre toujours plus bas dans le complexe, faisant abstraction des nombreuses atrocités qui régnaient dans les salles que je franchissais, je cherchais à comprendre le pourquoi d’une telle horreur.
Quel était le but d’un si grand nombre de mort ? Quelle était la raison à tout ce chaos, ce non respect de la vie ? Pourquoi l’Agence cherchait-elle à faire endurer de telles épreuves ? Pourquoi tant de tortures ?
Mais à ces questions s’ajoutaient aussi celles liées à la Faction. J’entrais dans le schéma classique, ils étaient les gentils car m’avaient sauvé des méchants. Mais était-ce vraiment le cas ?
Pourquoi étais-je si important aux yeux des deux groupes ? Quel était ce mystère qui planait sur moi et dont je semblais être le seul à ne pas être au courant ? Pourquoi m’appeler sujet numéro 3 ? Alors que j’avais découvert tant de cobayes qui m’étaient antérieur ? Pourquoi m’appelait-on le troisième en ce cas ?
On semblait attendre de moi quelque chose de précis, que ce soit de la part de l’Agence ou de la Faction. Pourquoi me donner autant de valeur, à moi plus qu’à un autre cobaye ? Je n’étais maintenant plus le seul à m’être échappé.
Ceux de la Faction avaient pourtant dis que j’avais quelque chose de spécial. La créature qui m’avait sorti de l’expérience avec l’échiquier avait dit aussi quelque chose dans ce genre.
Quel était monbut ? Que cherchait-on avec moi ? Étais-je possédé, manipulé ? Pourquoi au début m’a-t-on traqué ? Et pourquoi maintenant suis-je libre de déambuler dans ce sordide endroit sans gène ? Mais que se passe t-il là haut ? Qui commande tout cela ? Pourquoi m’a-t-on dit d’aller le plus profond possible ? Et pourquoi ai-je aussi bien suivi cet ordre déguisé en conseil ? La psychose s’installait doucement en moi.
Certes il est normal de ne pas rester serein, après ce que j’ai vécu ces quelques dernières heures, ou minutes, ou… Impossible de donner un sens au temps dans untel lieu. Mais depuis le début de tout ce cauchemar, il m’est difficile de rester lucide.
Et si l’Agence avait un réel but ? Étais-ce pour le moins pardonnable ? Je ne le pensais sincèrement pas. Rien ne pouvait justifier un tel massacre à mes yeux. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi autant de doutes m’assaillait,mais je me restais ferme sur ma décision : je devais faire cesser tout cela.
D’après la Faction, j’étais celui qui allait faire changer les choses. Alors je reprends lentement courage, j’essaye de garder le moral malgré tout. Je me suis fixé un but, je me dois de l’accomplir pour venger tous ceux qui ont été et sont encore dans mon cas.
Pourtant, je n’arrive toujours pas à comprendre la situation. Si au moins je pouvais encore croiser un membre de la Faction ! Mais je n’avais rien vu de vivant depuis mon entrée dans ce souterrain.
Je continuais d’enjamber les morceaux de corps au sol, contournais les tas de cadavres, zigzaguant entre les cuves parfois vertes pâles, généralement noires et vides… ou remplies de choses horrifiantes.
Je devais continuer, même si cela semblait si difficile, je le devais. Mais toutes ces questions me trottaient terriblement dans la tête. Ne méritais-je pas, après tout, de connaître le fin mot de l’histoire ?
Je m’enfonçais de plus en plus profondément dans les entrailles de ce complexe que je souhaitais désormais plus que tout détruire.
si le sujet n3 semble si important aux yeux de la Faction et de l'Agence c'est peut-être parce qu'il a gardé cette faculté de "penser","se révolter" que les autres cobayes,ou les autres sujets 1 et 2 ont perdu suite à une totale automatisation..'elles' suivent donc l'évolution de ce qu'ils ont pu faire au sujet 3 et sa contre-réaction face à cela..tout ce qu'il a pu accomplir jusqu'à présent entre dans leurs"estimation/présage",mais si jamais on le sent hors-contrôle,ça bardera ..fais gaffe ..
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