La frayeur me saisissait tout le corps, j’ai mis un temps infini pour réussir à détacher mes yeux des êtres qui étaient devant moi. Sans trop savoir comment, je me mis à appuyer aléatoirement sur les boutons de la console près de la première cuve. Je ne pouvais pas les laisser ainsi. Il y avait exactement douze êtres, dont quatre avaient forme humaine. Les autres étaient difficiles à décrire. Deux semblaient être des reptiles, un avait un corps ressemblant à un serpent, deux autres encore étaient très petits, la taille d’un bras tout au plus, mais avait un air des plus désagréables, les trois derniers étaient des êtres comme celui que je venais de quitter, croisement entre un homme et une oie.
Au bout d’un petit moment à trifouiller, les cuves émirent un bruit bas, comme celui d’un frigo qui s’arrête tout à coup de fonctionner, les cuves se sont alors lentement vidées. Avais-je fais le bon choix ? Je ne pouvais plus vraiment reculer. Lorsque la dernière cuve fut vide et s’ouvrit, une alarme retentit. L’espace environnant d’un vert sombre devint celui d’un rouge encore plus sombre.
En pleine confusion, les cobayes s’effondrèrent au sol. Je me précipitais tout d’abord vers les humains. Le groupe commença à émerger, à me regarder, à se regarder, à se demander encore si cela était un nouveau cauchemar. Sentant que tout un tas de question allait jaillir, je pris la parole pour leur expliquer la situation, que j’avais du mal à comprendre moi-même.
- « Je ne sais pas exactement qui vous êtes et où nous sommes. Je sais juste que nous sommes des cobayes, et ce malgré nous, d’un groupe qui s’appelle l’Agence. Ils expérimentent sur nous tout un tas d’expériences horribles. Pour ma part, j’ai été sauvé grâce à un membre d’un groupe dissident, nommé la Faction. Ma libération est toute récente et je suis complètement perdu ici. Mais je pense qu’à plusieurs nous serons plus fort. Enfin pour l’instant, il nous faut fuir. »
Apparemment, mon discours trouva écho auprès des humains et des humains-oies, les deux petites créatures semblaient comprendre aussi. Mais les deux reptiles se regardèrent et effectuèrent des danses l’un autour de l’autre sans nous accorder de regard. Quand à l’être à forme de serpent, il avait disparu. Un humain s’avança vers deux humains-oies et discutèrent dans une langue inconnue puis l’humain prit la parole.
- « Nous sommes de la Faction. Nous te remercions sujet numéro 3, de nous être venu en aide. Nous étions volontaires pour infiltrer l’Agence, mais nous nous sommes fait avoir. Apparemment, la Faction possède elle aussi des traîtres. Tu as raison numéro 3, il nous faut fuir à présent. Continue seul, nous emmenons les autres avec nous auprès de la Faction. »
- « Justement, il faut bien que je la rencontre la Faction, leur dis-je. Vous m’avez sauvé mais vous ne m’avez pas dis pourquoi ! Pourquoi m’appelez-vous numéro 3 ? Pourquoi m’avoir sauvé moi ? Que suis-je censé faire ? Comment puis-je quitter ce lieu et revenir auprès des miens ? »
Les humains commencèrent à se lever et à parler entre eux.Un en particulier avait les yeux qui s’agitaient dans tous les sens, il semblait complètement fou. Les membres de la Faction semblaient hésiter à me répondre. L’homme allait me répondre quand, tout au fond du couloir, un sas s’ouvrit, et des êtres sombres en sortirent. Pris de panique, l’homme fou fonça droit sur eux. A leur hauteur, les nouveaux venus firent quelque chose que nous ne vîmes pas bien de loin, et l’homme s’écroula.
La panique nous gagna tous alors. Le groupe d’hommes-oies se précipita et sortit par une issue que je n’avais jusqu’alors pas vu. Les hommes firent de même d’un autre coté. Tout le monde se dispersait, sauf les créatures à forme de reptile, qui foncèrent à leur tour droit sur les individus sombres au loin. Comprenant que ces êtres étaient sans doute de l’Agence, je cherchais aussi à m’enfuir. En courant, je suivis les membres de la Faction et les deux petits êtres. Arrivé à un passage avec de multiples chemins, un des hommes-oies de la Faction prit la parole :
- « Séparons-nous. Toi sujet numéro 3, poursuis ton chemin seul. Par ici, tu arriveras aux profondeurs du complexe. C’est par là que tu dois aller. Les réponses aux questions que tu te poses sont à la base même du complexe. Vas-y, et surtout en chemin, libère le plus de cobayes possibles. »
Puis ils partirent tous, me laissant seul, interdit et sans mot, face à une sorte de rampe descendant vers les profondeurs vertement obscurs du lieu. Mille questions se bousculaient dans ma tête. Mais à ce moment précis, je devais encore et toujours fuir. Je me laissais donc glisser par la rampe, je me croyais encore tomber dans un horrible cauchemar. Plus je descendais, plus la pale lumière verte pâle revenait.J’arrivais alors dans un endroit aussi étrange qu’impossible.
J’avais tellement descendu, je pensais arriver à la base du complexe. Mais devant moi il n’y avait que des plateformes, il ne semblait pas qu’il y ait ici des expériences. Je ne savais pas à quoi servait cet endroit, des passerelles reliaient les plateformes entre elles. Elles étaient construites dans la roche même. Ainsi en dessous des plateformes jaillissaient des failles sans fond, si profondes que je n’y voyais rien, mais ne me risquais pas trop à regarder. Néanmoins je voyais au loin, toujours plus bas, d’autres plateformes. J’étais loin d’être arrivé au plus profond du complexe. La lumière verte réverbérait avec les minerais des roches dans laquelle le complexe était construit, donnant l’horrible impression que je ne pouvais plus désormais voir que les deux couleurs noir et verte.
Mais dans ce lieu, quel qu’il soit, je commençais à être habitué et la surprise fut vite remplacée par de l’énervement. Énervé de ne pouvoir voir la lumière du jour, le soleil ou la lune, peut m’importait. Je voulais sortir, je voulais en finir avec toute cette mascarade. Je ne m’étais pas porté volontaire pour cela, je n’avais signé nulle part, j’étais ici contre mon gré, or ma liberté est une des choses dont je souffrais le plus. Je devais faire confiance à la Faction, je n’avais pas d’autres choix, et si la sortie ou au moins les réponses à toutes mes questions étaient dans ces profondeurs, je n’avais pas vraiment le choix. Un instant je regardais le fond sans fin d’un des gouffres, me disant que je pouvais peut être mettre fin à mon calvaire maintenant. Mais étrangement je ne me sentais pas encore au bout de ma course, j’avais envie de savoir, de comprendre, pourquoi tout ça et qu’est-ce que tout ça.
Prudemment j’avançais vers la prochaine rampe pour descendre dans les entrailles du monde.
quelle galère pour le sujet numéro 3 Dieu sait ce que sera le prochain lieu..non mais c'est fou ce qu'il se fait "entuber " bonne nuit lenocturne..pensée amicale
Bonsoir Nocturne
Il est l'heure pour moi de frapper a ta porte pour te souhaiter une très bonne soirée
et une très douce nuit Excellent écrit !
Gros bisous Marie
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