Le damier
Derrière la porte, une pièce plutôt dualiste.
Divisée en deux parties, noire et blanche.
Une sorte de damier vraiment étrange.
Qui ne ressemble en rien à ce que j ’ai déjà vu auparavant.
Il s’ étend dans l’ immense pièce.
Les cases ne sont pas également dispersées.
Elles sont regroupées assez aléatoirement entre noires et blanches.
Ces cases sont des parfaits carrés qui font approximativement la moitié d’ un mètre.
Les murs semblent translucides, transparents...
Au point où je ne les ai pas remarqué de prime abord.
Je ressens immédiatement une sorte de passage obligatoire entre ce dédale mystérieux.
On dirait un labyrinthe dont les murs seraient présents mais non visibles.
Et dont le cheminement serait aussi incertain qu’ est la disposition de chaque case.
Assez intrigué je regarde partout autour de moi avant de faire quoi que ce soit.
Je commence à apprendre de par ma longue errance.
Je me demande dans quel cauchemar je suis encore.
Les raisons de ma présence en un tel lieu ?
Ce que l’ on y attend de moi ?
De qui suis - je le jouet ?
Comment suis - je arrivé ici ?
Quand tout cela a t - il débuté ?
Pourquoi moi et pourquoi tout cela ?
Mais surtout et avant toute chose, comment me sortir de « ça » ?
Sortie
Au loin, une issue semble exister.
Le meilleur moyen de m’ en sortir est d’ essayer de trouver mon chemin vers cette issue.
Je m’ avance vers l’ entrée du damier.
Derrière moi, la porte se referme violemment.
Ce qui me fout une peur bleue avant même d’ avoir commencé l’ exploration du dédale.
Je n’ ai plus moyen de faire marche arrière.
En retournant mon attention sur le damier, je note qu’ une chose a changée :
des chiffres sont apparus chacune des cases, qu’ elles soient noires ou blanches.
Je les distingue allant de 1 à 6, éparpillées aussi aléatoirement que les groupes de cases.
Ainsi, la première case devant moi est noire et est numérotée 2.
Je m’ avance et pose mes pieds sur la case.
Je tombe… Mais cette fois trop rapidement pour réfléchir.
La chute est trop courte.
Je viens de tomber d’ un avion, en plein vol, et je choie à une vitesse prodigieuse.
Je n’ ai rien, ni sac dans le dos, ni vêtement.
Je vois le sol se rapprocher de plus en plus vite.
Je suis totalement paniqué, je n’ ai aucune prise sur ce qu’ il m’ arrive.
L’ adrénaline est à son paroxysme.
Voilà la fin de mon périple… et de mon calvaire.
A quelques mètres du sol maintenant.
Je n’ ai pas le courage de garder les yeux ouverts pour voir ma fin.
Ou plutôt par réflexe, je ferme les yeux.
Comme si cela allait me préserver de la douleur et de la mort.
J’ entends le fracas de mon corps qui s’ écrabouille au sol et mes membres se disloquant.
Le tout avec un bruit immonde.
Je rouvre les yeux, debout, sur la case noire avec le chiffre 2.
En sueur, complètement affolé.
J’ ai des vertiges et une grande envie de vomir.
J’ ai eu la peur de ma vie, et je me suis lâché, j’ ai uriné par peur.
Je reprends mon souffle et ma raison.
Je me sens complètement anéanti.
Je m’ effraie que ce genre de visions, si réelles, me reviennent.
Il y a une case blanche, à coté de ma position, que je peux emprunter.
Elle est numérotée 2 elle aussi.
J’ appréhende mais lève quand même le pied.
Je pose mon second pied en espérant ne pas revivre la même horreur que précédemment.
Je me retrouve, tout petit, avec mes parents.
Je commence juste à marcher.
J’ apprivoise mon équilibre.
Mes parents sont si jeunes et si souriants !
Tous trois sommes l’ image de la famille heureuse.
Dans les bras de mon père, puis de ma mère, je fais des tours infinis de manège en bois...
Ces vieux manèges de chevaux, qui montent et descendent en rythme avec l’ orgue de barbarie.
Tout est si beau, si parfait, une totale harmonie.
Je ris aux éclats et mes parents aussi.
Cela fait si longtemps qu’ une telle chose n’ est pas arrivée depuis…
Je me retrouve souriant béatement et bêtement sur la case blanche numérotée 2 du damier.
Je pense comprendre que les cases noires sont plus que désagréables.
Et que les blanches sont leurs contraires.
Les numéros semblent indiquer le degré d’ intensité de la vision.
Malheureusement, devant moi il y a deux cases noires, numérotées 3 et 2.
Je ne souhaite pas avoir deux fois de suites d’ horribles visions.
J’ essaye d’ enjamber la case devant moi, la numéro 3 noire...
Et pose mes pieds sur la suivante, la 2 noire.
Imprudence
Arrivé sur cette dernière donc,une sorte d’ alarme se fait entendre.
Rien qui ne ressemble à ce que j’ ai pu entendre de toute ma vie.
Une chose à la fois stridente, lancinante et terriblement insupportable.
La case sous mes pieds devient rouge ainsi que la précédente.
Le chiffre 5 apparaît alors sur ma case rouge sang.
Oh oh…
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