Je marche seul, épuisé, avec mon compagnon d' infortune.
On le nomme Espoir , et sans lui j' aurais déjà abandonné.
Je me serai arrêté, allongé par terre, à attendre
Attendre que la chaleur du jour me déshydrate ou que la froideur quasi glaciale de la nuit m' hypothermise.
Mais il est là, il me soutient.
Et pourtant, il est souvent dur de marcher et d' attendre que des choses apparaissent dans cet océan de sable, de chaleur et de solitude.
Le relief plat, l' ombre inexistante
Pas moyen de faire une pause, pas moyen de trouver une sortie.
Juste continuer, à marcher, dans ce désert.
Souvent des mirages apparaissent.
On croit voir la fin du calvaire.
On espère cesser d' attendre
d' étreindre
ou de s' éteindre.
On se précipite, mais en réalité il n' y a rien.
Un mirage est un sentiment qui de prime abord donne Espoir .
Mais c' est en réalité désillusion, et cela nous donne envie de tout abandonner.
Mais non, mon compagnon me redonne du courage.
Il me répète « Tant qu' il y a de la vie, il y a de l' Espoir ».
Voilà ce qu' il me sort depuis que je suis dans ce désert de sentiments.
J' ai surtout soif de toi, mais tu ne m' apparais qu' en mirage et disparaît aussitôt.
Ma colère et ma frustration sont profondes.
Tout me pousse à abandonner, tout me pousse à laisser tomber.
Mais je ne peux pas.
Je suis venu te chercher et il me faut attendre et traverser ce désert.
Parfois, j' en viens à maudire mon compagnon.
Sans lui, le calvaire serait fini.
Et le sable remplirait mon corps, mon âme et mon coeur, ensevelis pour ne plus jamais réapparaître.
Mais l' Espoir est toujours là, même si on a envie de baisser les bras.
Au début, j' ai pensé que ma traversée serait courte.
J' avais sans doute trop confiance en moi.
Cette épreuve est surtout mentale maintenant.
Le physique a pris le triste rythme de l' errance et de la perte de soi.
L' esprit par contre continue à croire en une sortie proche.
Bientôt, la prochaine dune, le prochain kilomètre, le prochain jour, le prochain mois.
J' en viens même parfois à oublier la raison qui m' a amené ici.
La folie s' empare parfois de moi... et de plus en plus régulièrement.
C' est passager, je le sais, mais je m' inquiète.
Je pourrais peut être devenir totalement fou à attendre, à errer comme cela, dans ce désert.
Peut être serait elle cela, ma fin.
La folie et le désespoir me tueront.
Quoi qu' il en soit, l' Espoir continue son même refrain : « L' Espoir nous fait vivre, et la vie nous fait espérer
».
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