« Il est temps de travailler.
Il est grand temps de grandir.
Plus le temps de tamuser.
Les jeux doivent être derrière toi.
Il te faut assumer maintenant.
Chercher un emploi.
Trouver un emploi.
Gagner ta vie.
Deviens adulte !
On ne peut pas vivre sans travailler.
Toi, tu ne fais que rêver.
Mais il n y a jamais rien de concret.
Quand vas - tu t y mettre ?
Les rêves ne nourrissent pas.
Il te faut manger pour vivre.
Et non vivre pour manger.
Il est temps de cesser de rêver.
Il est temps de se réveiller.
Il est temps de travailler. »
« Cher paternel,
Tu te trompes.
Mes rêves me nourrissent.
Et j ose croire qu écrire plait aussi
A d autres qu à moi - même.
Faire partager mes rêves,
Mes cauchemars,
Mes réalités,
Mes désillusions,
Mon monde,
Mon univers,
Nest - ce pas un projet fantastique ? »
« Tu es grand,
Tu es adulte,
Tu es conscient du monde
Qui t entoure,
Tu sais qu il te faut travailler
Pour vivre.
Comment peux tu croire
Qu écrire te fera vivre ?
Personne ne vit d écriture.
A part quelques rares privilégiés,
Non dénués d un grand talent.
Mais penses - tu vraiment
Avoir ce talent ?
Cela aussi demande du travail, sais - tu ? »
« Oh cher paternel,
Je veux croire en l écriture.
Enfin un domaine
Où je me sens bien,
A ma place.
Où l on juge mon travail,
Comme tu dis,
A sa juste valeur.
Tout du moins, je le crois. »
« Fils, tu as certes gagné
Quelques concours littéraires.
Mais ne va pas croire pour autant
Que, après cela,
L argent va tomber du ciel.
Les mécènes s intéressent à l art.
Mais n en restent pas moins
Des hommes chargés d intérêts.
Qui voudrait te donner de l argent
Sans savoir à l avance
Ce que tu donneras en retour ?
Tu es bien un rêveur, mon garçon,
Mais il te faut grandir.
Ouvre les yeux.
Il te faudra, comme tout le monde,
Te lever le matin pour aller travailler.
Te lever tôt pour mériter
Ton salaire à la fin du mois.
La vie est ainsi faite. »
« Oh mon trop réaliste père,
Laisse moi donc profiter
De la vie qui est la mienne.
Laisse moi encore
Rêver encore un peu,
Je sens tellement de choses
A devoir écrire.
Tant de romans,
Tant de nouvelles,
De poésies,
De pièces de théâtre
Je me sens inépuisable.
Je veux écrire,
Pas parce que c est ma passion
Mais parce que c est ma raison. »
« Doux rêveur,
Ce n est pas cela la vie.
Et je pense que nous serons
Toujours en conflit sur ce sujet.
Va, fils,
Mais sois conscient
Qu il te faut travailler
Pour vivre et pour pouvoir écrire.
Il te faut assurer
Un minimum tes arrières.
Ce n est pas le père qui te parle
Mais l homme d expérience.
Je te parle de ce que je sais,
De ce que j ai vécu.
Alors quand commences - tu ? »
« Je commence demain. »
Tomorrow already knows the rise and fall of the rose.
Alzheimer, Matmatah.
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