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Quo vadis ? IV

Quo vadis ? IV

 



Je suis dans un profond brouillard. Les limbes m’ entourent et m’ aspirent. Un léger flou brumeux et blanchâtre comme seul horizon. Même en dessous de moi.


Chose troublante, je m’ aperçois que je flotte. Je lévite à plusieurs dizaines de centimètres du sol, qui ne m’ apparaît que comme brume. Etrangement, cela me semble totalement normal. Je vois une chose au loin, moins floue.

 

Je vole dans sa direction. Plus je m’ approche et plus le brouillard s’ estompe. Cette chose au loin se dessine petit à petit, et je prends alors conscience de ce que c’ est.


            Un chiffre. Enorme. Plus grand que moi en tout cas. Le chiffre trois.


            Pourquoi trois ? Allez savoir. J’ essaye de comprendre la signification de ce chiffre. Je cherche quels pourraient être les rapports avec moi. Je n’ en trouve aucun.


            Derrière le chiffre, une brume totalement épaisse, effrayante, d’ où ressortent des visages damnés de fantômes et d’ esprits en mal de supplices. Paniqué, je me retourne.

 





Je me retrouve dans la rue. Rue que je connais par cœur. Enfin plutôt boulevard. Quartier Saint Germain Des Près, Paris.


Une musique me parvient. Un doux sentiment me traverse. Je reconnais les cuivres et les percussions, le rythme lent de cette chanson. Je n’ arrive pourtant pas à remettre un nom sur le titre de cette chanson ni sur le nom du groupe.


            Il fait jour mais c’ est la fin de l’ après midi. Une teinte orangée a envahie le ciel bleu.

           
            Beaucoup de monde aux terrasses des cafés. Il fait bon dehors, tout est agréable en cet endroit.

           
            Je commence à marcher, droit devant moi, sans réfléchir. Je ne lévite plus et cela me paraît tout aussi normal.

 

Je m’ approche de la brasserie Lipp. Je pense reconnaître quelqu’ un en terrasse. Et ce n’ est pas qu’ une impression. Il me dévisage lui aussi et me sourit. Je m’ approche de la chaise en face de lui. Il semble m’ attendre depuis toujours.

 

Il se lève, m’ embrasse, me dit la joie qu’ il a de me revoir. Que mon absence prolongée a inquiétée ma famille et mes proches.


Il me demande si je reste pour de bon cette fois - ci. Je réponds que non, qu’ il me reste encore des choses à faire, mais que j’ ignore lesquelles. Il me rend un sourire large et énigmatique. Me dit qu’ on attend beaucoup de moi. Je ne relève pas la phrase.


Deux consommations arrivent, deux cocktails. Le mien se nomme Delacroix. Je savoure le breuvage extrêmement sucré. Il me dit alors qu’ il me faut partir. Il se lève, m’ enlace, et me dit au revoir. Je ferme les yeux.

 





Et les rouvre sur un champ, inondé de lumière, sauvage mais très fleuri. Je vois toutes les couleurs époustouflantes de la nature.


Je lévite toujours au dessus du sol, que je vois parfaitement cette fois. Je profite pleinement du spectacle qui s’ offre à moi.


Tout semble calme et la Terre semble être abandonnée de toute civilisation. Illusion utopique.


Au loin je vois sous un grand chêne un groupe de personnes, une bande de gamins, adolescents qui s’ ennuient. Je me souviens alors. Moi, eux, nous, cet été passé sous cet arbre.

 

Je peux tous les nommer, ce sont mes amis d’ enfance, mes amis chers. Parmi eux, il y a mon meilleur ami d’ enfance. J’ arrive à leur rencontre. Ils me sourissent mais semblent aussi préoccupés. Leurs visages trahissent de l’ inquiétude.

 

Ils viennent vers moi et me demandent ce que je fais là. Je réponds ne plus rien savoir. Ils s’ efforcent de continuer à sourire. Difficilement.


Ils m’ expliquent que le temps presse et que je dois trouver la porte. Que trois a encore de la route à faire.


Ils me disent de ne jamais les oublier, ni eux, ni l’ homme que je suis devenu, mes origines et mon évolution. J’ avoue ne pas comprendre.


Ils se rassemblent tout autour de moi, en silence, m’ empoignent et me jettent à terre. Tout se ralentit. Mon corps ressent la chute, inexorable, mais si lentement ! Ils me font des signes de mains, me répètent que je dois trouver la porte.


Je tombe lourdement.


Mon corps traverse le sol. Je m’ enfonce sous terre et ferme les yeux.






Je rouvre les yeux violemment.

Je suis en sueur.

Mon corps tremble comme une feuille.

Mon cœur bat à tout rompre.

J’ ai des frissons sur tout le corps.

Je reconnais ce qui m’ entoure.

Et je pousse un cri.


L’ endroit est horrible. Je suis à nouveau dans le vide, entouré du noir le plus complet. Les ténèbres les plus obscures. Et il y a toujours cette insupportable sensation de tomber.

 



Un  rêve  dans  un  cauchemar .




Peu à peu, je comprends que j’ ai rêvé…


            Comment ai - je pu rêver dans un endroit pareil ?


            Je ne me souviens que d’ avoir été dans ce noir, d’ être tombé d’ un lit, d’ avoir essayer de me tuer par résignation. Une chose s’ est passée ensuite, mais… impossible de me souvenir quoi exactement. Un vague sentiment de lumière, je crois. Je doute. Je ne sais plus quoi penser du tout.

 

Et ce rêve ? N’ étais - ce pas un nouvel endroit de délire ?


Etrangement, je ne le ressens pas comme cela. Quelque chose en moi me dit que c’ était bien un rêve. Quoi, je ne sais pas. Peut - être l’ instinct.


Mais comment puis - je différencier le rêve du cauchemar présent ? Je ressasse toutes ces pensées, toujours en tombant.

 

Et si, après tout, tout ceci n’ était qu’ un immense cauchemar ? Comment puis - je le savoir ? Qui peut me réveiller ? Qui dois - je implorer ?


Si il y a bien une réalité et un imaginaire, comment puis - je différencier l’ un de l’ autre quand la réalité semble aussi folle et inconcevable que le rêve ?

 

Ce n’ est qu’ alors qu’ une chose attire mon attention.


Lointaine, elle semble être un point blanc au fond de mon espace si sombre. Mais je tombe vers elle, cela était certain.


Tout en approchant, j’ ai compris ce qu’ est cette raie de lumière. J’ en ai presque envie de pleurer, de nervosité. Un rayon de lumière, donc, dépasse d’ une forme sombre, gigantesque… Une porte.

 

J’ ai d’ abord cru à un nouveau rêve. Mais j’ ai vite chassé cette idée. Il faut que ce soit la sortie de cette situation.


Je suffoque presque en la voyant devenir de plus en plus proche. Plus je m’ approche et plus ma vitesse de chute semble diminuer. Je ralentis dans le vide. Je commence à la voir distinctement.


Une porte sombre, entrouverte, d’ où s’ échappe de la lumière, totalement blanche, aveuglante. La porte est entrebâillée, je vois le bois blanc qui la compose, le style de la porte me fait penser à ces portes des feuilletons américains de série B.


Elle me semble imposante et pourtant je trouve sa poignée très fine.


Je suis proche d’ elle maintenant, assez proche pour tendre la main vers la poignée.

 

Je m’ emballe. Est - ce un nouveau rêve ou une nouvelle réalité ?


Dans cet univers dans lequel je tombe, je me dis que cette porte ne représente après tout qu’ un passage à autre chose, mais entre autre chose et ce dans quoi je tombe actuellement, ma décision est vite prise.


Je veux absolument passer cette porte, ne serais - ce que pour quitter cet endroit affreux.


Je pense de nouveau alors à mon rêve. En était - ce un au final ? Ou une sorte de rêve prémonitoire ? Cela ne m’ ai jamais arrivé auparavant. Du moins, je crois.


A quoi servent toutes ces questions, alors que je suis sûr d’ ouvrir cette porte.


Lentement, je lève le bras, je m’ approche d’ elle ou vice - versa. Que vais - je trouver derrière cette porte ? Une sortie définitive ou un nouvel enfermement ? Le meilleur moyen de le savoir est de franchir cette porte.


Je saisis la poignée, le contact est surprenant, étonnement chaud, à la limite du brûlant. Vais - je me retrouver en enfer ? Tout en hésitant, je pousse la porte.






 

Ajouté le 06:19 à Monday, June 9, 2008
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Commentaire sans titre

je reviendrai analyser ton "rêve" plus tard..j'en ai fait un similaire ya de cela 10 ans presque..déjà trois choses ressortent par ici le chiffre le nom du monsieur ..je t'en dirai plus aprés ..un peu de patience car là je suis pressée..ai un bus à prendre  contente de te lire 

bribescoeur - 07:10 - Wednesday, June 11, 2008

Commentaire sans titre

me revoilà  ben pour ce qui est de ce "rêve" je dirai pas grand chose ..car ya des trucs qu'il faut garder secret  mais je te dirai quand même que tu l'as échappé bien belle  (des fois que tu aurais "vraiement" fait ce rêve)..allez passe une bonne journée 

bribescoeur - 11:55 - Thursday, June 12, 2008

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