Survivant...
La lumière s’allume.
On se précipite.
On entoure le corps.
On s’interroge du regard.
On est plus qu’inquiet.
On laisse s’approcher le médecin.
On est impatient, sur le qui-vive.
“Inconscient mais vivant“.
On se rassure.
On soupire de soulagement.
On se permet même
un sourire.
On transporte le corps inanimé du sujet numéro 3.
On va prendre un café, on retourne à son bureau, à ses
études, à ses expériences.
On apprend, plus tard dans la journée, que le sujet numéro 3
va mieux et est sorti de son semi coma.
On apprend aussi qu’il a été replacé dans l’expérience 11H.K.,
nommée ‘Vertige’, celle de la chute interminable.
On est totalement satisfait et on s’affaire déjà à travailler sur
d’autres expériences.
On continue à travailler sur celle appelée ‘Le Damier’.
Des
imperfections existent encore.
On travaille sur l’élimination des quelques bugs
restants.
Il serait dommage de perdre le sujet numéro 3.
On sait à
quel point l’Agence tient à lui, l’argent déboursé et les efforts entrepris
pour obtenir un tel individu.
On reconnaît qu’il est au-delà de toute attente.
Parfois, cela arrive, on se sent coupable de lui faire
endurer autant.
Mais on passe outre, on se rappelle que les choses évoluent
avec ce genre d’entreprise.
La déontologie doit être mise de coté.
On ne peut pas se permettre de ralentir, d’avoir des
remords, de réfléchir à ce que cela puisse être d’être dans la peau du sujet
numéro 3.
Et puis, si cela ne suffit vraiment pas, on en parle, on se
remonte le moral, on se rappelle l’objectif recherché.
On reprend ses esprits et sa confiance en soi.
On continue de travailler et à penser au futur.
On a entendu parler d’un nouveau plan d’expérimentation.
On ne sait pas grand-chose de plus.
C’est l’affaire des
grands patrons.
On apprend juste que les nouveaux projets ne seront plus
expérimentés sur la même sensation.
On apprend que le non sens et la désorientation sont des
projets qui seront bientôt terminés.
On est impatient de la suite des évènements.
On garde de grands espoirs dans le sujet numéro 3…

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