Quo Vadis ? XIX

Quo Vadis ? XIX

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Un point suivi d’une ligne qui s’étend à l’infini, fluctuant sans cesse entre haut et bas…

 

            Difficile de me faire à l’idée que la Faction n’est finalement qu’une branche dissidente de l’Agence, mais que les deux groupuscules poursuivent le même but, les mêmes expériences, les mêmes atrocités contre la vie.

 

Il est ici question de génocide et d’inhumanité, voire même, puisque j’ai découvert des êtres vivants loin de ressembler aux humains, d’une inuniversalité. Je digère l’information rapidement, je n’ai plus vraiment le temps de me poser toutes les questions et pourtant elles sont si nombreuses et sans réponses. Voir les deux groupes comme le Ying et le Yang était une erreur, aucun finalement ne représente le bien. Leur seule erreur à eux à peut être été de me sous estimer.

 

Je ne sais pas encore par quel prodige je n’ai pas encore été capturé et amené à ma perte. Est-ce là la seule vraie chance de ma vie ? En tout cas, je poursuis cet espoir de tout cœur, comprenant que l’exception que je représente doit avoir des répercussions, et ce, pas seulement pour la Faction et l’Agence, mais aussi pour mes congénères, encore vivants et pour la mémoire de ceux,innombrables, déjà réduits en cendre.

 

Je continue à croire que je peux utiliser cette position à mon avantage. Je continue à porter l’espoir de la fin de cette situation insoutenable pour mes compagnons d’infortune. De toute façon, je n’ai pas réellement le choix, je me dirige vers les profondeurs du Complexe vers lesquelles il n’y a pas de sorties.

 

Mon erreur a été de croire.

 

Qu’est ce que je risque après tout ? Si j’échoue, je doute que l’on me fasse retourner gentiment dans ma cage. D’abord parce que je ne le souhaite pas, donc ne me laisserais pas faire. Et de plus car j’ai été l’élément nuisible de toute cette agitation, et généralement on ne règle le genre de problème que je représente qu’en l’éliminant. Définitivement...

 

Ma vie à perdre ? Pas seulement. S’il n’y avait que la mienne, j’aurais peut être été séduit par l’idée d’abandonner. De me laisser couler dans le canal de tout à l’heure, ou bien de sauter dans une de ces machines infernales, d’aller à la rencontre de mes poursuivants et de capituler. J’aurais pu, si cela n’avait dépendu que de moi. J’aurais pu baisser les bras. Mais pas après avoir vu tout cela, toute cette barbarie, ces expériences, cette cruauté, pas après avoir vu tant d’autres êtres vivants torturés.

 

Si je suis libre de mes mouvements actuellement et si je peux utiliser cette liberté, certes restreinte, je ne peux décemment que venir en aide à mes semblables,même si pour certains, l’adjectif n’est pas vraiment utilisable.

 

Maintenant l’objet des expériences m’est devenu facultatif. Je n’ai plus vraiment besoin de savoir pourquoi, dans quel but, les raisons, les causes. La seule chose que j’ai compris, c’est que rien ne justifie tout cela, tout ce qui m’entoure. Rien ni personne.

 

Mon but est alors devenu simple. Les questions sont mises en suspens, je poursuis ma quête première : arrêter cela !

 

Pas d’échappatoire.

 

Mon rôle est minime dans cette grande mascarade. Mais ce que je joue, à l’heure actuelle,c’est l’opportunité. Savoir si elle m’a été donnée par erreur ou non n’est plus la question. Maintenant je ne me base plus que sur les faits. Ce que je sais,c’est que je me rends à la base du Complexe, et que bientôt je devrais arriver à la source d’énergie de ce lieu. Si comme il en a été pour moi, je parviens à l’interrompre, peut être réussirais je à libérer ceux qui sont emprisonnés.Alors peut être que s’ils sont assez nombreux à s’en sortir et à se regrouper,une révolte aura lieu. Même si je doute quand au succès d’un tel évènement, je me rassure en me disant que cette fois, ils pourront lutter pour leur liberté. Je continue de courir, me disant qu’il s’agit peut être de la dernière ligne droite de ma vie. Je pourrais avoir peur, mais pourtant je cours à en perdre haleine vers cet inconnu.

 

Lentement la roche a remplacé les murs lisses. Les couleurs se sont assombris, il n’y a plus qu’une très légère lueur verte, le reste de l’environnement qui m’entoure est noir, sans reflet.

 

Je suis au plus profond du Complexe, parmi la terre et la roche. Plus je m’enfonce et plus le Complexe laisse place à ce qu’il y avait avant, une faille béante, naturelle et pourtant dégageant une sorte d’aura surnaturelle.

 

Et s’il ne devait en rester qu’un ?

        

 Bourdonnement léger au loin, je ralentis la cadence, je dois enfin être près du réacteur. Y’a-t-il un comité d’accueil qui m’attend là bas ? Est-ce que mes poursuivants ont déjà compris mon intention et ma destination ? Y’avait’il un autre moyen, plus rapide, d’accéder au réacteur et me tendent ils un piège ? J’en doute mais il me faut rester prudent. Je me rapproche de la source du bruit lentement.

 

Au détour d’un petit passage construit dans la roche même, une forte lumière émane,m’éblouissant, moi qui aie été si longtemps dans la pénombre. Une fois habitué,je me rends compte qu’au loin, une imposante machine siège au milieu d’une caverne immense à proportion d’hommes, et la machine en sont centre dépasse tout ce que j’ai pu voir auparavant. Tellement imposante que je doute qu’elle ait été construite par des hommes. Cette chose rayonne d’une énergie verte,bourdonnant doucement comme une pompe s’alimentant de toute la mort qui habite le Complexe. Devant cette machine, je ne ressens que terreur et menace,l’atmosphère est pressante, étouffante. Voici donc le moteur de tout ce mal.

 

J’arrive à la fin de ma quête, il semblerait que j’ai trouvé ce que je cherchais, ce qui mettra peut être fin à toutes ces expériences. Je continue à m’approcher prudemment, à la fois guettant les moindres réactions de la machine mais aussi de la potentielle présence de mes tortionnaires.

 

Sur ce dernier point, il semblerait que je sois seul en ce lieu. En réalité, l’attraction macabre que m’inspire le réacteur accapare toute mon attention. Un énorme faisceau central semble être la source de cette énergie maléfique. Je m’en approche doucement. Il y a de l’électricité dans l’air, mes poils sont hérissés, je sens mes membres se pétrifier, mes muscles se contracter, comme si j’appréhendais de recevoir un coup, je ressens la menace qui jaillit de cette source. Je m’en éloigne, je la sens trop puissante et trop instable. Comment détruire une telle machine, annihiler une telle puissance, une telle énergie ?

 

En réfléchissant à la question, je vois au loin des silhouettes apparaître.

 

 Le réacteur.

 

S’approchant de plus en plus, je ressens le danger et me rapproche davantage de la source du réacteur, près à sauter dedans plutôt que de me faire reprendre.

 

« Attendez ! »

 

Je me retourne vers le groupe. Ils sont une dizaine, tous de forme presque humaine, avec juste comme différence leur long cou, et ce bec en plein milieu du visage. La Faction semble m’avoir retrouvé la première.

 

« Sujet numéro 3,  je vous en prie, nous voulons vous parler ».

 

Sur mes gardes, je recule encore de quelques pas vers le réacteur.

 

« Attendez, attendez ! Ne faites pas cela ! Ne vous détruisez pas ! »

 

« Qu’ai-je comme autre choix ? N’avez-vous jamais réellement prévu de me laisser vivre ? Je sais désormais que ma fuite était un coup monté que vous avez préparé dans le but de gêner les expériences de l’Agence et favoriser les vôtres. »

 

« Nous ne le nions pas ! Effectivement, nous nous sommes servis de vous pour retarder l’Agence. Mais rien n’est encore joué, revenez près de nous, nous vous expliquerons ! »

 

« Me croyez-vous assez stupide pour vous faire confiance ? Après tout ce que j’ai vu ? Vous ne valez pas mieux que l’Agence. Si je suis ici, c’est pour arrêter tout cela ! »

 

« Sujet numéro 3, nous ne vous voulons aucun mal, vous vous méprenez ! »

 

Je reculais encore vers la source, tellement proche d’elle désormais que son vrombissement me demandait de l’effort pour entendre les arguments de la Faction. Mais la tactique fit mouche.

 

« Non ! Attendez, sujet numéro 3 ! D’accord, nous vous avons peut être sous estimé. Oui au début nous avions pour but de vous utiliser contre l’Agence.Mais vous avez réussis à vous enfuir, et par là même, à visiter notre organisation. Vous avez été très malin, plus que la plupart des représentants de votre espèce. Si vous continuez encore, vous serez détruit dans ce réacteur.Nous ne pouvons accepter cela ! Vous êtes bien trop précieux ! Vous pouvez grandement nous aider dans nos recherches ! »

 

« Vous vous moquez de moi ? Vous me proposez de revenir et de reperdre mon existence dans une de vos monstrueuses machines ? »

 

« Vous ne comprenez pas, le but de notre recherche nécessite tout cela ! »

 

« Quel est ce but si important qu’il fasse passer des vies pour de vulgaires détails ? »

 

« Revenez auprès de nous, nous vous expliquerons, vous aurez un statut particulier, vous pourrez décider de subir certains épreuves ou non, vous aurez un certain contrôle sur votre destinée ! »

 

« Un certain contrôle ! Ce que vous m’offrez, c’est une liberté enchainée ! »

 

Un grondement guttural se fit entendre, puis une secousse fit trembler un peu la caverne. Le bruit se répercuta longtemps en sourdine au dessus de nous, sans doute dans tout le complexe. Je venais de plonger ma main dans la source d’énergie du réacteur.

 

Le bal pouvait commencer...


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Ajouté le 23:24 à 10/10/2010
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Je mets en ligne mes écrits, sans prétention et sans ménagement. En espérant, pas forcément vous plaire, mais au moins vous sortir pour quelques temps de l'ordinaire...

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